Soirée de l’OTRE : l'urgence de passer des promesses aux actes

Alexis Gibergues, président de l'OTRE.

Crédit photo G. I.
À l’approche de la présidentielle de 2027, l’OTRE a réuni cinq représentants de candidats pour confronter leurs visions de l’avenir du transport routier. En parallèle, Alexis Gibergues, président de la fédération, a appelé le gouvernement à transformer ses engagements en mesures concrètes.

À un an et demi de l’élection présidentielle, l’OTRE a profité de sa soirée annuelle, organisée le 4 novembre, pour placer le transport routier au cœur du débat politique. Cinq représentants de candidats à l’Élysée ont été invités à présenter leurs positions sur les principaux enjeux de la profession et à confronter leurs propositions aux réalités des entreprises. Compétitivité, indexation carburant, concurrence, transition énergétique et avenir du secteur ont ainsi rythmé les échanges. Cette soirée poursuivait un double objectif : faire entendre les attentes des professionnels et commencer à identifier les orientations que pourraient défendre les différentes sensibilités politiques en matière de transport routier lors de la prochaine présidentielle.
Cinq représentants étaient réunis autour de la table : François Asselin, ancien président de la CPME, représentant de Bruno Retailleau (Les Républicains) ; Manon Bouquin, sénatrice, représentante de Marine Le Pen (Rassemblement national) ; Franck Dhersin, sénateur, représentant d’Édouard Philippe (Horizons) ; Laurianne Rossi, ancienne députée et questeure de l’Assemblée nationale (2017-2022), maire-adjointe de Boulogne-Billancourt chargée des mobilités et de l’environnement, représentante de Gabriel Attal (Renaissance) ; et Gérard Leseul, député, représentant de Raphaël Glucksmann (Place publique) et auteur du rapport de la mission flash de l’Assemblée nationale sur la décarbonation des poids lourds.

L’indexation carburant, l’urgence législative

Parmi les sujets soumis aux représentants politiques, l’indexation carburant a occupé une place centrale. Les échanges ont fait émerger un large consensus sur la nécessité de préserver et de simplifier les mécanismes existants, tout en renforçant leur efficacité. Extension à d’autres activités, généralisation des indices du Comité national routier (CNR), fréquence des révisions et contrôle de leur application : autant de sujets qui s’inscrivent dans un contexte d’attente de la publication d’une instruction ministérielle rappelant le caractère obligatoire de l’indexation et précisant les pratiques contraires à la loi.
Sur ce sujet, l’OTRE a rappelé trois évolutions législatives sur lesquelles le ministre s’était engagé : substituer aux sanctions pénales actuelles des sanctions administratives, à la main des préfectures, pouvant atteindre 90 000 € pour une personne physique et 450 000 € pour une personne morale ; étendre l’indexation énergie aux services occasionnels du transport routier de voyageurs ; généraliser les indices du Comité national routier (CNR) à l’ensemble des contrats, sur la base des propositions du groupe de travail associant les parties prenantes et les ministères concernés, attendues début décembre avec leur rédaction législative. Retenu par le contexte national, le ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, a confirmé que le gouvernement travaillait avec Matignon à l’inscription des deux premières mesures dans le calendrier parlementaire. Pour la troisième, il a annoncé la constitution, sous l’égide du Médiateur des entreprises, d’un groupe de travail chargé d’élaborer une proposition législative sur l’application des références du CNR à l’ensemble des futurs contrats. Mais le temps presse alors qu’il reste encore à obtenir l’inscription du texte à l’ordre du jour parlementaire, dans un calendrier particulièrement contraint à l’approche de la présidentielle…

Une situation économique qui ne peut plus attendre

Au-delà du débat présidentiel, la crise des carburants a dominé le discours d’Alexis Gibergues. Le président de l’OTRE a dressé un tableau préoccupant de la situation économique des entreprises, tout en mettant le gouvernement face à ses responsabilités. « Nous avons suspendu une mobilisation. Nous n’avons ni suspendu notre vigilance, ni nos exigences », a-t-il prévenu. Selon les données du Comité national routier, entre septembre 2025 et septembre 2026, le coût du gazole professionnel a progressé de 54 % dans le transport de marchandises et de près de 58 % dans celui de voyageurs. Une hausse que les entreprises peinent à répercuter dans leurs tarifs, alors même que le carburant constitue une dépense incontournable. Lorsque l’indexation ne joue pas pleinement son rôle, les transporteurs doivent absorber une partie de ces surcoûts, au détriment de leurs marges. À cette pression s’ajoutent les coûts d’assurance, d’entretien et de financement, ainsi que les retards de paiement. « Une entreprise privée de marge ne peut pas financer son avenir », a résumé Alexis Gibergues, en alertant sur les conséquences pour l’investissement, l’emploi et la transition énergétique.

Plus de 200 millions d’euros d’aides mobilisés

Le ministre chargé des Transports a rappelé les mesures de soutien mises en place depuis le début de la crise : reports de cotisations sociales et d’échéances fiscales, prêts exceptionnels de court terme et trois vagues d’aides directes, de 25 000 à 300 000 euros selon la situation des entreprises. Au total, plus de 200 millions d’euros doivent être mobilisés pour le secteur. Au 30 octobre, près de 100 millions d’euros avaient déjà été versés au titre des deux premières vagues. Le ministre a reconnu la longueur des délais de paiement initiaux, tout en assurant que les versements s’étaient accélérés. Pour la troisième vague, dont le guichet doit fermer le 9 novembre, les premiers paiements concernant les 3 000 premiers dossiers éligibles sont annoncés dès novembre.

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