Stratégie / Transports Bon (95) : une envie de diversification

Guillaume Robert

Guillaume Robert, représentant de la troisième génération de la société familiale.

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Ile-de-France. Fondés il y a plus de soixante ans, les Transports Bon, spécialistes du vrac, bien qu’ils entendent toujours consolider leurs bases, sont ouverts à une diversification de leurs activités. [Article paru dans notre magazine de décembre 2025]

C’est au centre d’un village d’Île de France, à Vaudherland, dans le département du Val d’Oise, que se trouvent les Transports Bon. Seulement, ce village d’une centaine d’habitants est situé à trois kilomètres de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, autant dire au cœur de l’activité régionale. Cet endroit est devenu depuis une vingtaine d’années le QG du transporteur aujourd’hui dirigé par Guillaume Robert, petit-fils du fondateur, Maurice Bon. Autrefois installés au Bourget, les Transports Bon sont dorénavant entre les mains de la troisième génération familiale, Françoise Robert ayant d’abord pris avec sa sœur et son mari la succession du fondateur. Spécialiste du vrac, le transporteur est également présent dans le domaine des matières dangereuses qui contribuent à hauteur de vingt pour cent du chiffre d’affaires qui ont atteint sept millions par an. Cette activité est centrée sur le gaz qui est transporté soit en citerne soit en bouteilles. Depuis cette année, les Transports Bon, qui adhèrent au groupement France Benne, acheminent également des produits chimiques liquides. L’essentiel du vrac est transporté par des fonds mouvants, qu’il s’agisse de déchets ou de bois. Les bennes TP et les bennes céréalières contribuent également aux revenus de la société.

Aucun poids lourd ne déroge au coloris historique hérité des Saviez, « le bleu 423 », précise Guillaume Robert.
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Un large portefeuille de clients

La société sise à Vaudherland, si elle peut couvrir l’ensemble du territoire, a fait du nord de la France sa zone d’action privilégiée, celle-ci s’étendant foncièrement du Havre à l’ouest, à la Marne à l’est, de Lille au nord à Tours au sud. Son portefeuille de clients, large, peut évoluer au fil des négociations. « Si les conditions tarifaires ne sont pas satisfaisantes et ne nous permettent pas d’être rentables, nous n’hésitons pas à interrompre une relation commerciale, même de longue date », observe Guillaume Robert, le président des Transports Bon. Il tempère toutefois : « Heureusement, nous avons des clients avec lesquels tout se passe très bien ». Ce portefeuille évolue sous l’effet de plusieurs phénomènes. Les conducteurs sont les premiers ambassadeurs de l’entreprise. Ils peuvent à ce titre être à l’origine de mise en relation. Le démarchage, les rencontres dans le cadre de réunion d’acteurs différents du TRM, les salons professionnels mais aussi la mise à jour régulière du site internet ou encore l’activité sur les réseaux sociaux sont autant de leviers dans la recherche de nouveaux clients. Prescripteurs, les conducteurs de la société du Val d’Oise sont âgés en moyenne de 44 ans. Des conducteurs, Guillaume Robert attend surtout une attitude : « La mentalité du conducteur est le facteur clé. Le transport étant un métier de passion, il s’agit de s’investir dans le travail, de prendre soin du matériel en ayant à l’esprit la nécessité que nous n’avons de rester rentables alors que nos marges de manœuvre sont très étroites. On peut se réjouir de trouver, parmi les derniers arrivants pareille mentalité », souligne le président. Dans un bassin parisien plutôt favorisé en nombre de candidats, les Transports Bon s’appuient sur la cooptation, notamment entre conducteurs, pour recruter. Mais des annonces sont également diffusés via les réseaux sociaux. Le bouche-à-oreille joue également son rôle. « Nous avons remarqué que le niveau des candidats finalement recrutés est meilleur qu’il y a cinq ou six ans de cela », relève Guillaume Robert. La raison tient aux défaillances d’entreprises, des profils expérimentés se trouvant sur le marché du travail. Les Transports Bon tiennent toutefois également à accueillir du personnel débutant dans le métier : « Il est important d’embaucher des personnes dépourvues d’expérience afin de renouveler le personnel actif dans notre métier », justifie le dirigeant. Quel que soit le niveau d’expérience d’un nouvel arrivant, il est formé, pouvant passer plusieurs jours aux côtés de conducteurs différents.

Chaque moteur arbore une livrée personnalisée sur fond du bleu historique du transporteur
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Transition énergétique

Engagés dans la transition énergétique, les Transports Bon ont fait le choix dès l’année 2020 de passer progressivement leur flotte au B100 en collaboration avec Oleo 100. A l’heure actuelle, 80% de la flotte roule avec ce biocarburant. Certain que l’avenir sera au mix énergétique, Guillaume Robert entend continuer dans cette voix, sachant que celle du gaz ou de l’électricité ne sont pas pertinentes au regard des activités du transporteur. Convaincu de la nécessité de cette transition, le dirigeant s’intéresse en outre aux développements relatifs au gazole synthétique voire à l’essence de synthèse. Composée aux trois quarts de moteurs de marque Scania, la flotte est renouvelée en moyenne tous les cinq ans. Des Volvo sont également présents sur le parc, de même que des Mercedes pour ce qui concerne les utilitaires légers, dont, par exemple, le véhicule d’intervention rattaché à l’atelier. Fiabilité, consommation et SAV sont les trois principaux critères au moment du choix des véhicules qui présentent la particularité de tous êtres décorés spécifiquement, ce qui participe de l’image de l’entreprise. Pourtant, aucun poids lourd ne déroge au coloris historique hérité des Saviez, « le bleu 423 », précise Guillaume Robert. Au quotidien, les véhicules sont entretenus par les trois mécaniciens actifs que compte l’atelier. « Nous avons fait il y a longtemps le choix de disposer d’un atelier intégré de manière à essayer de faire le maximum chez nous », avance le dirigeant. Ce dernier s’inquiète toutefois de la pénurie (cf. Encadré) de personnel qualifié. « Il est très difficile de trouver des mécaniciens mais aussi des électriciens ou des carrossiers poids lourd, des chaudronniers », déplore-t-il.

Repères

Siège: Vaudherland (95)

Chiffre d'affaires (2024): 7,0 M €

Effectif: 62 dont 55 conducteurs

Parc: 130 cartes grises dont 65 moteurs

Activités: vrac, matières dangereuses

Deux dossiers sur le feu

Lorsqu’il envisage l’avenir, Guillaume Bon se penche sur deux autres dossiers. Le premier concerne le siège de la société. Depuis trois ans maintenant, le dirigeant cherche à déménager car le parc, particulièrement, n’est pas suffisant. « Nous avons d’abord cherché dans les dix kilomètres à la ronde. Aujourd’hui nous sommes prêts à aller plus loin. Nous avons besoin d’espace pour de nouveaux locaux, de nouveaux bureaux, un atelier. Malheureusement, c’est très difficile à trouver parce que la priorité est donnée aux entrepôts et que le TRM n’est pas le bienvenu. Nous ne sommes pas seuls dans cette situation », déplore le dirigeant. Le second dossier tient au développement du chiffre d’affaires par de la croissance externe. « Nous souhaitons d’abord travailler sereinement, être agiles, répondre aux demandes de nos clients dans un environnement qui évolue en permanence, auquel il s’agit de s’adapter, tant rien n’est jamais acquis. Mais nous sommes également ouverts à des opportunités de rachat, y compris dans des secteurs sur lesquels nous ne sommes actuellement pas présents. Par exemple le frigorifique », révèle Guillaume Robert. Ce dernier souhaiterait ainsi profiter de l’ouverture programmée en 2027 de Agoralim, annexe du marché de Rungis, qui sera installé tout près de Vaudherland, à Goussainville.

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