L'OTRE passe de la menace à l'action. Le 28 septembre, le conseil d'administration de l'OTRE avait acté le principe d'une mobilisation. Trois jours plus tard, la fédération annonce, avec la Fédération des autocaristes indépendants (FAI), une mobilisation à Paris à partir du 21 octobre. Parmi les griefs figure la sortie du TRM des aides au carburant. Le Gouvernement l'a justifiée en estimant que les transporteurs pouvaient répercuter la hausse sur leurs clients. « Voilà quatre ans que l'on dit que cette répercussion est loin d'être intégrale, et on nous la vend aujourd'hui comme la solution, » s'agace Jean-Marc Rivera, délégué général de l’OTRE.
Une augmentation de 46% du prix du gazole en un an
Selon le CNR, le prix du gazole a augmenté de plus de 46 % entre août 2025 et août 2026 pour le secteur marchandises. Le Code des transports impose bien l'indexation au donneur d'ordre, mais il laisse les modalités à la libre négociation. « Des TPE et PME négocient avec de très grands donneurs d'ordre, industriels ou grands transporteurs qui sous-traitent. Cette relation est très déséquilibrée, et dans les situations de forte tension, ce déséquilibre est rarement en faveur des transporteurs », explique le délégué général. L'OTRE demande donc que les indices du CNR et ses modalités de calcul deviennent « la seule et unique référence », commente Jean-Marc Rivera. Les deux fédérations réclament aussi une baisse du prix à la pompe, une revalorisation immédiate des prix de transport et le retour du secteur dans les aides.
Pas de barrages en région
L'OTRE a choisi Paris pour s'adresser directement au Gouvernement et aux parlementaires, tout en épargnant les habitants des régions : « Nous n'avons pas voulu de barrages en région. Les citoyens subissent eux aussi la flambée des carburants ». D'ici au 21 octobre, la fédération entend poursuivre le dialogue, mais elle exige des engagements. « Nous avons suffisamment patienté. Maintenant, il faut des décisions, il faut des actes, » conclut Jean-Marc Rivera.
La FNTR, qui porte des demandes similaires, laisse quant à elle au Gouvernement jusqu'à la mi-octobre pour apporter des « réponses concrètes ».