Le marché européen du véhicule industriel a redémarré au premier semestre 2026, selon les chiffres publiés par l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA). Les immatriculations de camions de plus de 3,5 tonnes ont augmenté de 9,8 % dans l'Union, à 171 933 unités, portées par les poids lourds de plus de 16 tonnes en hausse de 11,1 %. Les utilitaires légers progressent de 1,9 % et les autocars de 22,7 %.
La France fait exception. Avec 23 214 camions immatriculés contre 23 166 un an plus tôt, le marché tricolore gagne 0,2 %, quand la Pologne bondit de 25,9 %, l'Espagne de 13,2 % et l'Allemagne de 7,1 %. Le segment médian, entre 3,5 et 16 tonnes, recule même de 6,3 % dans l'Hexagone alors qu'il progresse de 2,8 % à l'échelle européenne. Les utilitaires légers suivent la même pente, en retrait de 2,1 %. Seuls les autocars tirent leur épingle du jeu, avec une hausse de 21,6 %.
Le gaz décroche, le diesel en profite
La composition du marché français révèle un mouvement que la moyenne européenne masque. Les immatriculations de camions fonctionnant au gaz naturel, au GPL ou avec d'autres carburants alternatifs, regroupées par l'ACEA sous la catégorie « autres », se sont effondrées de 44,9 %, passant de 2 405 à 1 326 unités. Le recul européen n'est que de 14 % sur ce segment. La France en reste pourtant l'un des principaux marchés de l'Union, ce qui donne à ce décrochage une portée particulière pour une filière que plusieurs transporteurs français ont contribué à faire émerger.
Le diesel absorbe ce report. Avec 20 783 immatriculations, il progresse de 4 % en France alors même que le marché total stagne. À l'échelle européenne, le gazole représente toujours 92,1 % des camions neufs.
L'électrique progresse, surtout sur le segment médian
Sur l'électrique, la France figure au contraire parmi les moteurs de la croissance européenne. Les immatriculations de camions rechargeables y ont augmenté de 43,7 %, à 1 102 unités. L'ACEA relève que l'Allemagne, en hausse de 88,5 %, les Pays-Bas et la France concentrent à eux trois près des trois quarts des immatriculations de camions électriques de l’Union.
La progression française reste toutefois concentrée sur le segment médian, en hausse de 82,1 %, quand les plus de 16 tonnes ne gagnent que 10 %. Un écart cohérent avec les contraintes d'autonomie qui pèsent sur la longue distance. L'association tempère d'ailleurs son propre bilan : elle juge la progression des véhicules rechargeables inférieure au rythme nécessaire, faute de conditions d'accompagnement suffisantes, en particulier sur les segments les plus lourds.
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