La santé mentale des dirigeants du transport ressort comme un point d’alerte dans le baromètre 2026 Ifop-MMA. Dans le secteur, 34 % des dirigeants se déclarent actuellement en mauvais état psychologique, contre un quart en moyenne tous secteurs confondus. Plus largement, 66 % indiquent être ou avoir déjà été confrontés à des difficultés psychologiques, contre 51 % au global.
Crédit photo : IFOP/MMA
Fatigue et incertitude économique en tête
Dans le transport, 84 % des dirigeants déclarent ressentir au moins un trouble. Les plus cités sont l’épuisement ou la fatigue persistante (60 %), les troubles du sommeil (53 %), le découragement ou la perte de motivation (47 %) et les troubles anxieux (45 %). Les tensions relationnelles atteignent également 45 %, un niveau supérieur à la moyenne tous secteurs confondus.
Ces fragilités s’inscrivent dans un quotidien déjà très contraint pour les transporteurs. 95 % des dirigeants du secteur déclarent rencontrer au moins une difficulté, notamment l’incertitude économique (68 %), la charge administrative et réglementaire (63 %) et la surcharge de travail (55 %). Dans un contexte de hausse des coûts, de pression sur les marges et de transformations rapides du métier, ces indicateurs traduisent une tension durable sur les chefs d’entreprise.
Le transport se distingue aussi par une forte crainte d’être dépassé par les innovations, notamment la RSE ou l’intelligence artificielle : 45 % des dirigeants du secteur citent ce risque, contre 26 % en moyenne. Un signal significatif alors que les entreprises doivent simultanément gérer la transition énergétique, la digitalisation de l’exploitation et les nouvelles exigences des donneurs d’ordre.`
Un enjeu direct pour la conduite de l’entreprise
Au-delà de la santé personnelle, l’étude montre que le mal-être des dirigeants peut peser directement sur l’activité. Tous secteurs confondus, parmi les dirigeants en mauvais état psychologique, 91 % déclarent au moins un impact sur leur vie professionnelle, notamment sur la motivation, la productivité, la prise de décision ou la capacité à se projeter.
Dans le transport, cette question résonne particulièrement avec les arbitrages quotidiens des dirigeants : recrutement, investissements matériels, renouvellement de flotte, transition énergétique ou négociations avec les chargeurs. Si 87 % des dirigeants du secteur disent pouvoir compter sur leurs proches et 76 % sur leurs collaborateurs, seuls 47 % déclarent se déconnecter régulièrement des outils numériques. Pour un secteur largement composé de TPE-PME, souvent dirigées au plus près de l’exploitation, la santé mentale devient ainsi un enjeu de continuité d’activité autant qu’un sujet individuel.
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