Dans la région Capitale comme ailleurs, les trésoreries des transporteurs sont exsangues. La hausse du diesel fait déraper les comptes tandis que les aides publiques tardent à être versées et les chargeurs font la sourde oreille. En résumé, tel est le constat partagé par les membres de l’OTRE Ile-de-France qui tenait leur soirée annuelle le 11 juin à Paris.
Dans ce contexte, les messages nationaux du syndicat sur l’urgence du versement des aides et la réforme de l’indexation gazole raisonnent. Pour Alexis Gibergues, son président, « le mécanisme d’indexation actuel laisse trop de place à l’interprétation dans son application. Il doit être plus simple, plus rapide et plus automatique ». A ses yeux, « il est anormal que les transporteurs soient fragilisés à chaque crise », en élargissant le débat à l’échange palettes, les temps d’attente et les opérations de chargement-déchargement. Une réunion sur ces sujets serait prévue début juillet avec le ministère des Transports. À suivre.
Aides à compléter
La transition énergétique est également un sujet national qui se décline à l’échelle régionale. Pour l’heure, aucune date n’est programmée à l’Assemblée nationale pour examiner le projet de loi-cadre sur les transports et son article 18 qui prévoit un dispositif de participation des chargeurs. Dans l’immédiat, Alexis Gibergues salue en revanche l’augmentation des bonifications des certificats d’économies d’énergie. « Nous sommes au bon niveau désormais mais il reste encore des enjeux opérationnels à lever selon les usages, sur l’autonomie et la densité du réseau de bornes de recharge ». Pour les TPE-PME par exemple, le président de l’OTRE se prononce en faveur de prix nets, aides déduites, et de prêts « verts » incitatifs.
Distorsion de concurrence
Plusieurs préoccupations régionales occuperont également son successeur Jean-François Pech à la présidence de l’OTRE Ile-de-France. Avec Bruce Aiglehoux, son secrétaire général, ce dernier évoque « le cabotage et la concurrence déloyale » des pavillons étrangers. Rebondissant sur les aides d’urgence face à l’envolée des carburants, ils rappellent que la plupart des pays ont déjà pris des mesures de soutien. Ce décalage est vécu comme « une distorsion de concurrence ».
L’obligation du chronotachygraphe à bord des utilitaires à partir du 1er juillet est saluée en revanche. « Cette mesure devait aider à lutter contre le cabotage et les transports transfrontaliers irréguliers qui touchent aussi l’Ile-de-France », espère Jean-François Pech. Parmi les autres dossiers sur la table du nouveau président, le respect des aires de livraison demeure toujours d’actualité avec les suites données aux ZFE.