Geodis a inauguré le 4 juin 2026, en présence du maire du Havre Édouard Philippe, ce qu'il présente comme son premier hub portuaire intégré en France. Implantée au sein du port du Havre, premier port à conteneurs français, la plateforme réunit sur un même site les quatre métiers du groupe : la commission de transport international, la logistique contractuelle, la distribution et la messagerie express, et le réseau routier européen. Geodis y emploie plus de 800 collaborateurs et exploite plus de 200 000 m² d'espaces logistiques, dont 150 000 m² situés en zone portuaire sous douane, ainsi qu'un parc à conteneurs sous douane de 20 000 m². Geodis indique y avoir opéré plus de 250 000 conteneurs en 2025. Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 10,6 milliards d'euros en 2025, dont plus de 3 milliards en France.
Une offre intégrée de bout en bout
L'objectif affiché par Geodis est de piloter la chaîne logistique de bout en bout, de l'arrivée du conteneur jusqu'à la livraison finale, afin de réduire les ruptures de charge et d'optimiser les flux d'import-export de ses clients, issus notamment du luxe, du textile, de l'automobile, de l'agroalimentaire, de la pharmacie ou des vins et spiritueux. Marie-Christine Lombard, présidente du directoire de Geodis, a souligné que le groupe a choisi Le Havre pour y créer un hub portuaire connecté à ses hubs majeurs en Amérique et en Asie.
Le regroupement de ces activités sous la marque unique GEODIS, qui a absorbé d'anciennes enseignes encore en service il y a peu, est effectif depuis quelques semaines. Selon Xavier Avrard, directeur général de GEODIS Freight Forwarding France et Afrique, cette bannière commune facilite la vente croisée entre métiers et la combinaison de l'acheminement portuaire avec une desserte multimodale vers l'Île-de-France, via l'axe Seine, certains clients acceptant des délais plus longs pour des raisons environnementales.
Le transport routier au cœur des synergies
Le volet routier illustre cette logique d'intégration. Les équipes du transport routier peuvent orienter vers le hub des clients pour des prestations de stockage, d'empotage-dépotage ou de transport international, tandis que les activités de distribution et de messagerie express alimentent en retour des opérations de consolidation de conteneurs en groupage. Le rapprochement avec le transporteur Malherbe, intégré au groupe, ouvre selon Xavier Avrard de nouvelles synergies : GEODIS commence à proposer à des clients historiques de Malherbe ses prestations de commission de transport international, en s'appuyant sur l'expertise agro-maritime développée au Havre.
Le groupe revendique par ailleurs une capacité de traction portuaire en propre, avec des conducteurs disposant d'un accès facilité aux terminaux, qui aurait jusqu'ici peu pâti des mouvements sociaux affectant l'activité portuaire.
Une traction routière en cours d'électrification
C'est sur ce maillon routier que Geodis met en avant ses efforts de décarbonation. Des bornes de recharge sont en cours d'installation sur le site et le groupe déploie un plan d'électrification de sa flotte de traction. D'après Xavier Avrard, Geodis utiliserait déjà une centaine de tracteurs électriques et viserait la moitié de sa flotte en motorisation électrique à l'horizon 2030, tout en menant des essais réguliers auprès de constructeurs. Les opérations portuaires, organisées en boucles courtes plutôt que sur de longs trajets autoroutiers, se prêtent particulièrement à l'électrique, le biogaz complétant le panel des énergies alternatives envisagées. L'exploitation d'un parc à conteneurs en propre permet en outre, selon le groupe, de limiter les déplacements internes au port.
Avec plus de 3,2 millions de conteneurs traités en 2025 et des liaisons vers plus de 700 ports, Le Havre demeure la première porte d'entrée maritime française, un atout que GEODIS entend exploiter face aux grands ports d'Europe du Nord, en revendiquant un positionnement d'opérateur français au service de clients français. Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 10,6 milliards d'euros en 2025, dont plus de 3 milliards en France, la seule activité de logistique portuaire au Havre en représente une cinquantaine de millions, selon Xavier Avrard.
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