En Pays de la Loire, les services marchands qui concentrent 62% des entreprises régionales et 46% des effectifs salariés affichent une progression notable en 2025 (+4,8 % du chiffre d’affaires), « au-dessus des attentes exprimées », indique Florent Ligeron, responsable des affaires régionales de la Banque de France des Pays de la Loire, lors de la restitution d’une enquête menée début 2026 auprès de 1 460 entreprises. Ce volume d’affaires est tiré notamment par les activités de transport et d’entreposage. Ce secteur, qui représente 10 % des emplois des services marchands, a bénéficié d’un courant d’affaires soutenu (+4%), confirmant son rôle stratégique dans une région fortement industrialisée et exportatrice. Les entreprises ont globalement amélioré leur rentabilité, malgré un contexte de coûts encore élevés et une pression continue sur les marges. Et les effectifs ont progressé de 1,3%.
Derrière cette dynamique, des signaux contrastés
Mais les investissements ont reculé plus fortement que prévu (-20%), freinés par un climat économique et politique instable ainsi que par la hausse des coûts financiers. Ce sous investissement pèse sur le renouvellement des flottes, la modernisation logistique et les capacités d’entreposage, pourtant cruciales dans un territoire structuré par les flux maritimes, industriels et agroalimentaires.
Les tensions de recrutement restent, elles aussi, un frein majeur. Comme dans l’ensemble des services marchands, près d’un tiers des entreprises déclarent rencontrer des difficultés pour pourvoir les postes, qu’il s’agisse de conducteurs, de manutentionnaires qualifiés ou de techniciens logistique. Cette pénurie ralentit le développement et accroît la dépendance à l’intérim.
Quid pour 2026 ?
Pour cette année, les dirigeants de cette filière anticipent une croissance d’activité plus modérée (+1,1 %) mais des perspectives plus favorables en matière de rentabilité. Les effectifs devraient se stabiliser (+0,4%) tandis que les investissements resteront prudents : ni hausse notable, ni nouveau recul attendu. La priorité se portera sur la maîtrise des coûts, l’optimisation des flux et la modernisation progressive des outils, plutôt que sur des projets d’expansion.
Dans une économie régionale globalement résiliente mais encore marquée par la faible visibilité, le transport et l’entreposage poursuivent donc leur adaptation. Entre besoins logistiques croissants, transition énergétique des flottes et enjeux de compétitivité, la filière avance avec lucidité dans une année 2026 qui s’annonce, plus que jamais, stratégique.