« Volumes instables, marges sous pression, charges en hausse, et donc trop souvent des entreprises fragilisées, a introduit Alexis Gibergues, président de l’OTRE. Notre premier vœu pour 2026 est simple : retrouver de la visibilité et une reprise durable, qui permette enfin d’investir, d’embaucher, et de travailler avec dignité. » Dans ce contexte, les attentes de l’OTRE concernant la loi-cadre Transports qui se prépare sont fortes. « Elle ne doit pas être une loi technocratique ou strictement budgétaire, souligne Alexis Gibergues. Elle doit être une loi de compétitivité, de souveraineté et de justice économique pour notre profession. »
Pour cela, il énumère plusieurs propositions :
- Mettre fin aux prix abusivement bas. Nous demanderons une évolution du code des transports pour mieux caractériser et sanctionner les prix qui ne couvrent pas les coûts incompressibles.
- Régler le sujet des palettes : « La palette ne peut plus être un coût caché, un impensé contractuel, ou un facteur de conflit permanent entre chargeurs, transporteurs et destinataires. Il faut des règles claires, traçables, et équilibrées, pour sortir de cette zone grise qui pénalise surtout les PME.
- Reconnaître et traiter le « scandale » des temps d’attente : « l’attente n’est pas “du temps mort”. C’est du temps de travail, du coût, de la désorganisation, de la fatigue, et parfois une mise en danger. »
Sur la décarbonation, Alexis Gibergues souligne par ailleurs l’importance d’investir dans l’infrastructure : « Oui, il faut accélérer la transition. Mais cela suppose des solutions accessibles, des carburants alternatifs disponibles, des réseaux de recharge et d’avitaillement, et surtout des trajectoires réalistes pour les PME.
Un dialogue avec les agriculteurs
Après les blocages, fouilles de camions et parfois même dégradations menés par les agriculteurs en ce début d’année, rapidement déplorés par l’OTRE, Alexis Gibergues appelle à un dialogue avec les agriculteurs, soulignant l’existence de luttes communes entre les professions du transport routier et de l’agriculture : fiscalité sur les carburants, concurrence déloyale, accumulation des normes, défense des productions française et européenne, insuffisance des contrôles…
Signature d’une charte avec la Garde nationale
Dans un contexte de tensions grandissantes et de volonté de renforcer la souveraineté française et européenne du gouvernement en matière de Défense, une charte entre l’OTRE et la Garde nationale a été signée pour favoriser le développement de la réserve opérationnelle. Cette charte vise à encourager des entreprises à ne pas hésiter à s’organiser autour de salariés réservistes. Les besoins de l’Armée en matière de transport et logistique sont en effet importants, a souligné Fabrice Feola, commandant du Centre du soutien des opérations et des acheminements. Ce partenariat s’avère gagnant-gagnant, précise Pascal Pihen, premier transporteur signataire d’une convention avec la Garde nationale et qui emploie un réserviste. « Il est stratégique pour nous, assure-t-il. Un réserviste se sent plus valorisé, il est plus engagé et sa loyauté se trouve renforcée. Notre image employeur en ressort aussi grandie. »