Le ministère des Transports a publié le 7 août un arrêté ouvrant la voie à l'homologation des premiers robots de livraison autonomes en France. Ces petits véhicules électriques et sans conducteur, destinés à des trajets courts en zone urbaine, pourront désormais circuler sur la chaussée, à l'exclusion des trottoirs, pour assurer des livraisons du dernier kilomètre. Le gouvernement présente cette mesure comme une première mondiale pour des engins de cette dimension.
Le texte classe ces robots dans la catégorie L du code de la route, celle des tricycles et quadricycles à moteur, aux côtés des motos et des quads. Selon leur gabarit, ils pourront mesurer jusqu'à quatre mètres de long, deux mètres de large et deux mètres cinquante de haut, pour une charge utile allant jusqu'à une tonne, avec la possibilité d'effectuer plusieurs dizaines de kilomètres par trajet. Équipés de caméras, de radars et de lidars couplés à des logiciels embarqués, ils devront rester sous la supervision d'un opérateur à distance, chargé de suivre leur progression et d'intervenir en cas de difficulté. Ils resteront soumis aux réglementations sur la cybersécurité et la protection des données personnelles, et ce sont les collectivités territoriales qui définiront les zones et itinéraires où leur circulation sera autorisée.
Une réglementation pensée pour devancer les cadres international et européen
Le gouvernement justifie ce cadre national par la nécessité de ne pas retarder le déploiement de ces véhicules, alors que plusieurs constructeurs se positionnent déjà sur ce marché pendant que les travaux internationaux, à l'ONU comme à l'Union européenne, se poursuivent sans être encore aboutis. La mesure s'appuie sur la stratégie nationale pour la mobilité automatisée engagée en 2018, sur les travaux menés sous coprésidence française à la Commission économique des Nations unies pour l'Europe, et sur plus de deux cents expérimentations conduites en France depuis 2015, toutes catégories de véhicules confondues, dont celles menées à Montpellier dès 2019.
Des acteurs déjà positionnés sur le marché
Plusieurs entreprises françaises travaillent déjà sur ce type de robots. C'est le cas de TwinswHeel, qui a déjà déployé ses véhicules pour le compte d'opérateurs postaux à Ljubljana et à Bratislava. Son dirigeant, Vincent Talon, veut voir dans cet arrêté le passage d'une phase d'expérimentation à une phase d'industrialisation pour la filière. Reste que la supervision à distance imposée par le texte maintient une intervention humaine dans la boucle, sous une forme différente de la livraison traditionnelle.
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