Petits colis : pour l'Union TLF, la taxe française a surtout déporté les flux logistiques hors de France

Le gouvernement suspend, au 1er juillet 2026, la taxe française de 2 € sur les petits colis importés, quatre mois après son entrée en vigueur. Pour l'Union TLF, fédération du transport et de la logistique, cette mesure nationale isolée a surtout déplacé les volumes, les emplois et les trajets routiers vers les pays voisins. La fédération plaide pour une réponse européenne harmonisée, alors qu'un droit de douane européen de 3 € prend le relais.

Crédit photo TLF
Le gouvernement suspend, au 1er juillet 2026, la taxe française de 2 € sur les petits colis importés, quatre mois après son entrée en vigueur. Pour l'Union TLF, fédération du transport et de la logistique, cette mesure nationale isolée a surtout déplacé les volumes, les emplois et les trajets routiers vers les pays voisins. La fédération plaide pour une réponse européenne harmonisée, alors qu'un droit de douane européen de 3 € prend le relais. 

La taxe française de 2 € sur les petits colis importés est suspendue au 1er juillet 2026, quatre mois après son entrée en vigueur. Instaurée le 1er mars 2026 pour freiner l'afflux de colis des plateformes asiatiques comme Shein, Temu ou encore AliExpress, elle disparaît le 1er juillet. En cause, un rendement très inférieur aux attentes, 2,3 millions d'euros par mois contre 400 millions espérés sur l'année, et un contournement massif. 

La suspension coïncide aussi avec l'arrivée d'un dispositif européen : à partir du 1er juillet, un droit de douane forfaitaire de 3 € s'applique à chaque article contenu dans un colis de moins de 150 euros commandé sur ces plateformes, et Paris ne souhaite pas cumuler les deux. L'Union TLF, qui représente les métiers du transport et de la logistique, alertait depuis l'origine contre une mesure isolée.

Des flux et des camions déportés hors de France 

Pour la fédération, les faits ont confirmé l'alerte. Les plateformes visées ont aussitôt contourné la taxe en expédiant leurs marchandises par avion vers d'autres pays de l'Union, avant de les acheminer par la route jusqu'en France. Résultat, selon l'Union TLF, un déport de 90 % des volumes vers les pays voisins. Au delà de la perte de recettes, ce sont des flux logistiques et les emplois associés qui quittent le territoire, alors qu'un emploi créé dans la logistique en génère deux autres dans l'économie. S'y ajoute un coût pour la route et l'environnement, débarquées dans des aéroports situés hors de France, ces marchandises sont ensuite camionnées sur des centaines de kilomètres jusqu'au consommateur français, à rebours des objectifs de décarbonation. « Le départ des avions tout-cargo de Roissy vers la Belgique a pénalisé les grands exportateurs français vers la Chine, désormais privés de ces capacités de fret », souligne Philippe de Crécy, président de TLF Overseas.

L'Union TLF plaide pour une réponse européenne et des règles stables

La fédération dit partager l'objectif de concurrence équitable, mais juge qu'une mesure nationale ne peut fonctionner dans un marché unique intégré. « On ne régule pas des flux mondiaux avec une frontière nationale à l'intérieur du marché unique », résume Jean-Thomas Schmitt, président de l'Union TLF. Pour la fédération, le seul niveau pertinent est européen, l'enjeu étant le dispositif harmonisé attendu pour novembre 2026, avec « mêmes règles, même perception, mêmes contrôles pour tous ceux qui livrent en Europe ». L'Union TLF dénonce enfin un calendrier déstabilisant : le revirement, annoncé la veille de l'application, prend de court des opérateurs qui avaient adapté leurs systèmes au scénario initial. Un point qui parle au secteur, soucieux de règles stables plutôt que de cadres modifiés au dernier moment.

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