Le trimestre couvrait exactement la séquence carburant, de juin à septembre. Le baromètre d’opinion de l’OTRE, publié ce 22 octobre et bâti sur 300 réponses de dirigeants des deux branches, en porte la trace à chaque indicateur.
Le chiffre le plus parlant n’est pas un pourcentage mais une note. Interrogés sur leur confiance à six mois, les dirigeants du transport de marchandises se situent en moyenne à 3,99 sur 10, contre 5 au trimestre précédent. Un point perdu en trois mois. Côté voyageurs, la chute est encore plus nette, de 5,7 à 3,93.
Une trésorerie qui se dégrade pour plus d’une entreprise sur deux
Dans la marchandise, 62,4 % des chefs d’entreprise déclarent un moral en dégradation. La trésorerie nette d’investissement recule pour 55,4 % d’entre eux, contre 50,8 % au deuxième trimestre, soit 4,6 points de plus en un trimestre et la poursuite d’une tendance installée depuis plus d’un an. Hors pied de facture, c’est-à-dire en neutralisant la répercussion du carburant, 36,9 % des entreprises voient leur chiffre d’affaires baisser.
La pression vient des deux côtés du compte de résultat. Les frais généraux augmentent pour 47,8 % des répondants, les autres coûts de production pour 47,1 %, et le carburant est à la hausse. Conséquence directe, des investissements reportés ou suspendus, que le baromètre relève sans les chiffrer.
Les retards de paiement, eux, ne bougent pas, et c’est bien le problème. Près de 72 % des entreprises de marchandises en subissent, un niveau identique au trimestre précédent. Surtout, 65,6 % constatent des retards supérieurs à trente jours, et 43,3 % jugent l’impact important voire critique sur leur activité.
Le transport de voyageurs décroche brutalement
C’est du côté du transport routier de personnes que la dégradation est la plus spectaculaire. La trésorerie nette d’investissement recule pour 71,4 % des entreprises, contre 22,2 % au deuxième trimestre. Soit 49,2 points en un seul trimestre. Le chiffre d’affaires hors pied de facture baisse pour 57,1 % d’entre elles, les charges sociales augmentent pour 57,1 %, les frais généraux pour 50 %, et le carburant pour la totalité des répondants.
Seul indicateur en amélioration, les retards de paiement reculent, de 78 % à 50 % des entreprises concernées, même si la moitié de celles qui en subissent en jugent l’impact important ou critique.
Le climat social, enfin, reste le seul indicateur à se tenir au-dessus de la moyenne, à 5,83 sur 10 dans la marchandise et 5,25 chez les voyageurs.
La FNTR au même diagnostic
L’OTRE n’est pas seule à mesurer la casse. La FNTR a publié le même jour sa note de conjoncture du troisième trimestre, qui donne 78 % de dirigeants insatisfaits de la situation de leur entreprise et 11 % en position d’attente. La fédération souligne qu’il s’agit du plus bas niveau enregistré depuis la création de son propre baromètre, en 2015. Deux méthodologies différentes, deux échantillons distincts, un même constat.
Reste à savoir ce que le quatrième trimestre enregistrera. L’OTRE avait annoncé une mobilisation pour le 21 octobre sur le carburant, avant de la suspendre le 16 après confirmation des engagements du gouvernement. Les effets de ces engagements, eux, ne figurent pas encore dans les chiffres.
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