Dans le transport, les pertes de performance s’installent souvent discrètement: quelques minutes pour ressaisir une demande, plusieurs appels pour trouver une capacité, un document recherché dans une boîte e-mail ou une information transmise trop tard.
Pris séparément, ces gestes semblent anodins. Additionnés sur des dizaines de chargements, ils mobilisent pourtant une part importante du temps des équipes, au détriment de la négociation, de l’anticipation ou de la gestion des situations complexes.
Quatre signaux à surveiller
Le rapport "Automatiser la gestion du fret et de la logistique en 2026" identifie quatre situations révélatrices:
- Plus de deux heures par jour sont consacrées à la saisie de données ou à la sollicitation des transporteurs;
- Aucune vision centralisée des expéditions en cours n’est disponible;
- Le choix des transporteurs repose principalement sur la mémoire des collaborateurs;
- L’entreprise ne peut pas comparer efficacement ses coûts de transport par axe.
Lorsque plusieurs de ces situations sont réunies, il devient nécessaire d’évaluer non seulement le coût du changement, mais aussi celui du maintien des processus existants.
Automatiser les tâches répétitives
L’objectif n’est pas de retirer aux affréteurs la maîtrise des opérations, mais de confier aux outils les tâches répétitives et standardisables.
La réception d’une demande, sa transformation en offre, sa publication, la sollicitation des transporteurs ou certains contrôles de conformité peuvent être largement automatisés. Les équipes se concentrent alors sur les exceptions, les négociations et les décisions nécessitant une réelle expertise.
Selon les processus présentés dans le rapport, la publication de 40 frets peut ainsi passer d’environ 120 minutes à deux ou trois minutes. Une sollicitation peut également être diffusée à tout un réseau de transporteurs en quelques secondes.
L’enjeu ne se limite donc pas au gain de temps: une même équipe peut traiter davantage de flux sans augmenter les coûts administratifs.
Commencer par un périmètre limité
Automatiser ne signifie pas transformer toute l’organisation en une seule fois. Un premier projet peut concerner un axe, une équipe ou un processus précis.
L’objectif doit être clairement mesurable : réduire le temps de publication des chargements, améliorer le taux d’acceptation à la première sollicitation ou centraliser les informations liées aux transports en cours.
Les résultats peuvent ensuite être évalués à travers quelques indicateurs : temps de traitement, dépenses par axe, fiabilité des capacités, conformité des transporteurs ou part des expéditions suivies en temps réel.
Connecter l’ensemble de la chaîne logistique
Les bénéfices augmentent lorsque les outils relient aussi les transporteurs et les entrepôts. Le partage des données facilite l’affectation des capacités, améliore la visibilité sur les flux à venir et peut contribuer à réduire les kilomètres à vide.
La coordination des créneaux de chargement et de déchargement permet également de mieux anticiper les arrivées et de limiter les temps d’attente.
Redonner du temps aux équipes
L’automatisation ne remplace pas le savoir-faire des professionnels du transport. Elle permet de réserver leur intervention aux situations où elle crée le plus de valeur.
Le rapport "Automatiser la gestion du fret et de la logistique en 2026" présente les principaux leviers d’automatisation, les indicateurs à suivre, les risques à anticiper et les étapes nécessaires pour lancer un premier pilote.