Marché du poids lourd : une tendance à la reprise qui se confirme

L'Observatoire du Véhicule Industriel (OVI) table toujours sur une légère reprise du marché français du poids lourd en 2026, même si l'incertitude tend à devenir un paramètre de gestion incontournable.

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L'Observatoire du Véhicule Industriel (OVI) table toujours sur une légère reprise du marché français du poids lourd en 2026, même si l'incertitude tend à devenir un paramètre de gestion incontournable.

L'Observatoire du Véhicule Industriel (OVI) de BNP Paribas Artegy a livré son traditionnel bilan semestriel ce vendredi 10 juillet. L'OVI a confirmé ses prévisions de l'année 2026 qui devraient se traduire par un niveau d'immatriculations à 45 270 unités (+2,6 % vs. 2025) sur le marché français des véhicules industriels de plus de 5 tonnes, répartis entre 25 250 tracteurs et 20 020 porteurs, les premiers devant enregistrer une hausse de 10 % environ contre une baisse persistante (-6 %) pour les seconds.

Des dynamiques divergentes entre marchés européens et français

Sur le premier trimestre de l'année, les marchés européen et français ont affiché des dynamiques différentes. Alors qu'au niveau européen, comparées à celles de la même période de 2025, les immatriculations de 15 tonnes et plus ont augmenté de 12,6 % avec notamment des hausses de 33,9 % en Pologne, 11,1 % en Allemagne ou encore 8,1 % en Italie, la France a enregistré une diminution de 2,6 %, l'Espagne n'étant pas en reste avec -6,4 %. Arnaud Villéger, directeur de l'OVI, assure qu'il existe « un mouvement de fond de reprise ». En France, en glissement annuel, à fin juin 2026, le marché des tracteurs affiche cependant une progression de 6,2 % (à 24 285 unités) et celui des remorques et semi-remorques de 5,4 % (à 17 503 unités). Celui des porteurs reste toutefois franchement orienté à la baisse (-7,5 %) à 19 579 unités. Le directeur de l'OVI relève « un besoin de renouvellement mais toujours pas d'augmentation de flotte ». Surtout, il souligne la nécessité d'intégrer à la gestion du parc l'incertitude : « Depuis quatre ans, nous allons d'une crise à l'autre. L'incertitude doit devenir un paramètre. Deux attitudes sont alors possibles, soit une mise en mouvement, soit de l'attentisme. Elles dépendent de différents éléments comme la personnalité du dirigeant, la taille de l'entreprise… Quoi qu'il en soit, elles amènent à prendre des décisions : renouveler ou non, passer à l'électrique ou non, faire le choix de la décarbonation ou non… ».

L'année du B100

Du côté des énergies, le B100 se présente comme le leader de la décarbonation dans un contexte de résurgence des ZFE. Ainsi, en France, au deuxième trimestre, les immatriculations de B100 ont de nouveau représenté (cela avait été par exemple le cas aux deuxième et troisième trimestres 2025) plus de la moitié de celles des alternatives au diesel, devant l'électrique et le GNV. Selon le directeur de l'OVI, s'il doit être remplacé, le GNV le sera plutôt par l'électrique que par le B100. En fin d'année, la part des moteurs électriques devrait osciller entre un et deux pour cent, ces moteurs venant en substitution du diesel et non en supplément, et ce, malgré les différentes aides mises en place. Si les commandes de véhicules électriques vont augmenter sur les mois à venir, elles ne devraient se traduire en immatriculations qu'aux mois de novembre et de décembre 2026. Il faudra dès lors attendre 2027 pour ressentir dans les immatriculations les effets des différents dispositifs de soutien. Arnaud Villéger prévient toutefois : « Nous recevons beaucoup de demandes de cotations sur l'électrique ». Il relève en outre « des efforts de pédagogie qui restent à faire » en s'appuyant sur le kilométrage journalier moyen d'un porteur, qui est de 220 kilomètres, « kilométrage compatible avec l'électricité ». D'autant qu'il reste à convaincre puisque 69 % des experts interrogés par l'OVI « pensent que tous les freins à l'adoption de véhicules électriques ne sont pas encore levés », ces principaux freins tenant selon eux à l'insuffisance des infrastructures de recharge, à l'autonomie des véhicules, aux prix.

Une distribution plus lisible

L'OVI observe une normalisation des délais de livraison, autour de 100 jours pour les constructeurs de VI et de 95 jours pour les carrossiers. Pour autant, les carnets de commandes sont orientés à la baisse au premier semestre 2026, les tracteurs neufs reculent de 14,8 % et les porteurs de 9,1 %, ce qui traduit un attentisme de la part de la clientèle. Toujours au premier semestre, les prix des tracteurs neufs sont restés quasiment stables (+0,2 %), ceux des porteurs progressant cependant (+3,6 %). Sur le marché de l'occasion, les prix continuent de baisser (tracteurs et porteurs à -5,7 %) alors que les délais de revente s'allongent quelque peu (respectivement 102 jours et 87 jours pour un tracteur et pour un porteur).

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