Depuis plusieurs années, le transport routier de marchandises traverse une zone de fortes turbulences. Le conflit au Moyen-Orient et ses répercussions sur les prix du carburant ont aggravé une situation déjà fragile. À cela s’ajoutent une concurrence exacerbée et une consommation française en dents de scie depuis l’après-Covid. Les transporteurs subissent également « un rapport de force déséquilibré » avec leurs clients, qui profitent de la compétition féroce entre entreprises pour « tirer les prix vers le bas », constate Pierre-Marie Hautier, président du groupe Hautier (Charente-Maritime). Certains concurrents n’hésitent pas « à casser les tarifs de manière anormale pour capter des volumes », accentuant « la fragilité » d’un secteur déjà plombé par la hausse continue des coûts d’exploitation : matériels roulants, énergie, main-d’œuvre…
Une entreprise en difficulté
Entrée dans le giron du groupe Hautier en juillet 2021, Brelet Transport (Loire-Atlantique) opère depuis trois sites : Saint-Julien-de-Concelles (44) où sont établis le siège social et une plateforme transport/logistique, Marcoussis (91) et Rouvroy (62). L’entreprise a vu son chiffre d’affaires passer de 34,8 millions d’euros en 2024 à 31,8 millions d’euros en 2025, soit une baisse de 8,6 %. Le résultat 2024 affiche des « pertes importantes », entraînant « des capitaux propres devenus négatifs ». La trésorerie, déjà fragilisée par la baisse d’activité, a été durement touchée par une hausse de 25 % du budget carburant.
Face à cette situation, Brelet Transport a sollicité la protection du Tribunal de commerce de Poitiers et a été placée en redressement judiciaire. Cette procédure a déclenché une recherche de repreneur, menée par l’administrateur judiciaire et « toujours en cours ». Le groupe rochelais précise que les autres filiales ne sont pas concernées.
Des zones d’ombre qui persistent
Malgré les explications fournies, plusieurs questions essentielles restent sans réponse : quels engagements concrets pour les 198 salariés dans le cadre du redressement judiciaire et de la recherche d’un repreneur ? Quelles actions pour rééquilibrer le rapport de force avec les clients et sortir de la spirale des prix bas ? Que deviendra l’entreprise en cas de reprise… et en cas d’absence de repreneur ? Interrogée sur ces points, la direction répond qu’il s’agit de « sujets en cours de réflexion et/ou du ressort de l’administrateur en charge du dossier » et qu’elle « n’y donne donc pas suite ».
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