À Burtenbach, en Bavière, Kögel a choisi une mise en scène spectaculaire pour interpeller Bruxelles. Fin juin, seize semi-remorques ont été disposées de manière à former un immense « SOS », symbole des inquiétudes du constructeur face au règlement européen (UE) 2024/1610. Soutenue par le vice-ministre-président de Bavière, Hubert Aiwanger, l'initiative dénonce les objectifs assignés aux fabricants de semi-remorques dans le cadre de la méthodologie Vecto (Vehicle Energy Consumption Calculation Tool), qui prévoit une réduction de 10 % de la valeur théorique des émissions de CO₂ d'ici à 2030.
Une méthode de calcul qui ne repose pas sur des mesures en exploitation
Kögel a été rejoint par sept autres industriels (les allemands Krone, Schmitz Cargobull, Fliegl, Langendorf, System Trailers, Wecon et l'autrichien Schwarzmüller) pour engager une procédure judiciaire afin d'obtenir une révision du texte. Les signataires contestent une méthode de calcul reposant sur des simulations et non sur des mesures en exploitation. Ils rappellent également que les semi-remorques ne disposent d'aucune motorisation propre et n'émettent donc pas directement de CO₂.
Objectifs fixés impossibles à atteindre
Selon Kögel, les objectifs fixés sont impossibles à atteindre avec les technologies actuelles. Le constructeur estime que les pénalités prévues pourraient représenter jusqu'à 64 millions d'euros par an, ce qui entraînerait une hausse pouvant atteindre 50 % du prix des semi-remorques. Le mouvement a pris de l’ampleur puisque le 1er juillet 2026, les dirigeants d'une trentaine de constructeurs européens de remorques et de semi-remorques se sont réunis à Koningshooikt, en Belgique, afin de signer une déclaration commune demandant une révision de la méthodologie Vecto. Ils réclament une approche fondée sur des critères techniques jugés plus réalistes et compatibles avec les capacités actuelles de l'industrie.