Souligné par France Mobilité Biogaz le 15 avril, le prix du kilo de gaz carburant se négocie autour de 1,45 € contre environ 2 € le litre pour son équivalent diesel. Les couvertures à terme du GNV - que les transporteurs peuvent souscrire auprès de leurs distributeurs aujourd’hui - permettent de figer ce prix au kilo. Hors taxe, il s’élève à 1,35 € pour 2027, 1,2 € en 2028 pour se stabiliser autour de 1,13 € en 2029 et 2030. Une visibilité stratégique et une compétitivité bienvenue à l’heure où la plupart des analystes parient sur le maintien d’un prix du pétrole élevé quelle que soit l’issue de la situation au Moyen-Orient.
Sur le marché de l’électrique, les voyants sont au vert également. La combinaison d’une production des « renouvelables » élevée et en croissance avec une demande faible baisse le prix du kWh. « Une compétitivité plus forte en France grâce à son mix de production, dont nucléaire qui fonctionne à plein régime », relève Emmanuel Treilleux, expert Marchés de l’énergie qui animait le point marché d’Enerjump le 5 mai.
Tensions plus faibles
L’approvisionnement en gaz de l’Europe semble sécurisé également. « Le remplissage des stockages suit son cours normalement. Les importations de GNL restent soutenues et conformes aux attentes », confirme l’expert. Un avis partagé par Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie. Selon elle, les exportations de GNL perdues du Qatar seraient compensées aux deux-tiers par l’entrée en service de nouvelles capacités de production dont aux Etats-Unis. Du coup, « la tension actuelle sur le prix du gaz est plus faible que sur le pétrole où les marchés intègrent le risque de pénurie de ses dérivés dont diesel ».
En attendant l’IRICC
Pour l’heure, le gaz fossile guide le prix du biogaz. Or, l’entrée en vigueur de la directive européenne RED III (Renewable Energy Directive) fin 2023 « marque un tournant décisif dans la politique énergétique européenne », affirme Emmanuel Treilleux. Dans le cadre plus large du plan « Fit for 55 », qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030 par rapport à 2019, RED III oblige les Etats membres à porter à 42,5 % la part des énergies renouvelables dans leur mix énergétique sur cette période. Pour les transports en particulier, « les carburants devront contenir au moins 29 % d’énergies renouvelables d’ici 2030 ou permettre une réduction de 14,5 % de leur intensité carbone », précise l’expert. « RED III favorise les carburants dits avancés, issus de déchets et résidus comme le bioGNV, et plafonne à 7 % les biocarburants de première génération » ajoute-t-il.
En France, la transposition de la directive est prévue le 1er janvier 2027 avec l’introduction de l’Incitation à la réduction de l’intensité carbone des carburants (IRICC) à la place de la Taxe incitative à l’utilisation d’énergie renouvelable dans les transports (TIRUERT). Cette incitation est censée soutenir les investissements dans les capacités de production du bioGNV et de le décorréler du prix du gaz fossile notamment. Pour éviter de « brider » ce mécanisme, France Mobilité Biogaz demande qu’aucun plafond d’éligibilité ne soit mis en place pour le biométhane.
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