Le gouvernement veut changer d’échelle sur la recharge électrique. À la suite des annonces du Premier ministre du 10 avril visant à accélérer l’électrification du parc roulant, le ministère des Transports a publié sa stratégie d’équipement du réseau routier national à horizon 2035. Le plan doit permettre de sécuriser les trajets longue distance, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels du transport.
Un maillage renforcé sur les grands axes
Le réseau routier national, composé des autoroutes et routes nationales, ne représente que 2 % du linéaire routier français, mais concentre environ un tiers du trafic. Son équipement en bornes rapides et haute puissance est donc jugé stratégique pour accompagner l’essor des véhicules électriques.
À horizon 2035, le gouvernement prévoit environ 22 000 points de recharge rapides pour véhicules légers, répartis sur près de 900 aires de repos et de service. Pour les poids lourds, le plan vise environ 8 000 points de recharge sur près de 560 aires, avec des bornes rapides, ultra-rapides et des solutions adaptées aux stationnements de longue durée.
D’après le schéma directeur de la DGITM, la puissance électrique disponible sur les aires devra atteindre environ 2,8 GW pour les véhicules légers et 1,6 GW pour les poids lourds d’ici 2035. Sur le seul réseau concédé, les besoins dédiés aux poids lourds sont évalués à 490 MW et 1 700 points de charge en 2030, puis 1 190 MW et 7 400 points de charge en 2035.
Un enjeu majeur pour le transport routier
Le volet poids lourds constitue l’un des points centraux de cette stratégie. Le gouvernement entend déployer un premier réseau de recharge à grande échelle pour accompagner la décarbonation du transport routier de marchandises. Les bornes prévues devront répondre à plusieurs usages : recharge rapide autour de 400 kW, ultra-rapide au-delà de 800 kW, mais aussi recharge longue durée autour de 100 kW.
Le déploiement dépendra toutefois fortement des capacités de raccordement au réseau électrique. Le schéma directeur souligne que certains travaux pourront nécessiter deux à trois ans selon les sites. Le coût global des raccordements est évalué à environ 436 millions d’euros d’ici 2035 pour l’ensemble des aires du réseau routier national.
Le ministère met également en avant des exigences de qualité de service : interopérabilité des stations, affichage du tarif au kilowattheure et paiement possible par carte bancaire. Pour les transporteurs, l’enjeu sera désormais de vérifier si ce futur maillage répondra aux contraintes du terrain : localisation des bornes, puissance réellement disponible, fiabilité, temps de recharge, accès aux aires et intégration dans les tournées.
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