Le tribunal des activités économiques de Lyon a acté, jeudi 2 juillet 2026, l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire à l'égard de Lamberet SAS, à la demande de l'entreprise. Fondé en 1935 par Marius Lamberet à Vonnas, dans l'Ain, le groupe s'est imposé comme l'un des principaux fabricants européens de carrosseries frigorifiques, destinées à la logistique alimentaire, pharmaceutique et au transport spécialisé. Il emploie environ 1000 salariés répartis sur ses sites de Saint-Cyr-sur-Menthon, Saint-Eusèbe (Saône-et-Loire), Sarreguemines (Moselle) et Kerstner, en Allemagne
Des mesures de redressement engagées depuis plusieurs mois
Selon la direction, cette décision prolonge des mesures de redressement engagées depuis plusieurs mois, rendues insuffisantes par un contexte économique tendu en France (55 % des ventes s’y réalisent) et aggravé par la crise en Iran et le renchérissement du coût des matières premières. Le directeur général Stefano Chmielewski a tenu à rassurer : « La décision rendue par le Tribunal n'est pas une fin : c'est un outil au service de notre projet industriel », soulignant un carnet de commandes toujours rempli. La période d'observation, ouverte pour six mois, permet à l'entreprise de poursuivre son activité : production, livraisons et service après-vente continuent normalement.
LJ en 2009 avant une reprise
Ce n'est pas une première pour l'entreprise, déjà placée en liquidation judiciaire en 2009 avant sa reprise par le fonds Caravelle, puis son rachat en 2015 par le groupe chinois Avic via sa filiale Xinfei France. Ce dossier s'inscrit dans une dégradation plus large de la carrosserie industrielle française. Le 17 juin 2026, Aubineau Constructeur, fabricant historique basé à La Petite-Boissière (Deux-Sèvres), a annoncé solliciter son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Niort. L'entreprise invoque une hausse de 19 % du prix de ses matières premières et une forte baisse de son carnet de commandes, son chiffre d'affaires ayant chuté de 21,7 à 9,6 millions d'euros. Quelques semaines plus tôt, le 3 juin 2026, le tribunal de commerce d'Arras avait prononcé la liquidation judiciaire de Durisotti, spécialisé dans la transformation de véhicules utilitaires, entraînant 350 licenciements au sein du groupe GTE Automotive.