80 ans de l'E.S.T. : Témoignages et parcours d'anciens étudiants

Tariel Chamerois, directeur RSE chez DB Schenker, et Gaëlle Pomarede, directeur qualité et environnement - pharmacien chez Eurotranspharma.

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À l'occasion des 80 ans de l'E.S.T., l'Officiel des transporteurs a interrogé des anciens étudiants passés par l'école afin de voir les différents parcours possibles dans le secteur. Les portraits ci-dessous démontrent quatre voies singulières, construites en fonction des choix de spécialités, d'études doubles, mais des opportunités et des rencontres.

Fret, transport routier

Tariel Chamerois, directeur RSE chez DB Schenker

Intéressé par l’international, le voyage, la découverte, il commence dans le transport en 1989, en tant que conducteur chez DB Schenker, puis s’est formé dans une école de commerce, Kedge. Toujours chez DB Schenker, il passe par plusieurs postes formateurs : il devient déclarant en douane en Suède, puis planeur de flux internationaux, avant de gérer un parc de semi-remorques dans les pays baltes. Il prend ensuite un poste de commercial de route internationale, devient directeur d’agence routière, puis directeur QHSE. Ce n’est que tardivement qu’il passe par l’EST, à 49 ans, pour suivre un MBA, alors qu’il était directeur produit de la zone Europe : « Je suis revenu sur les bancs de l’école pour comprendre le transport au-delà de l’entreprise dans laquelle je travaille, avec les chargeurs, les commissionnaires, tout en gagnant du réseau ». Grâce au diplôme, il devient responsable RSE, un domaine qui le passionne, et fait partie du comex alors qu’il a débuté en tant que conducteur. Pour lui, ce sont les formations professionnelles lui ont permis de progresser, avec des missions qui nécessitaient de se débrouiller : « Il y avait beaucoup d’invention, avec les premiers outils de traçabilité, les premiers bilans carbones... ». Et beaucoup reste à faire souligne-t-il à destination des plus jeunes : « Le monde du transport est un vrai champ d’investigation où on a de quoi être créatif. Il y a encore beaucoup d’avancées à faire, notamment en matière de décarbonation. Le secteur contient beaucoup de métiers répétitifs. Il faut faire des rencontres, être curieux, pour évoluer ».

Fret, transport routier

Gaëlle Pomarede, directeur qualité et environnement - pharmacien chez Eurotranspharma

Gaëlle Pomarede, pharmacienne de formation, est passée par le secteur industriel avec la fabrication du médicament, en tant que responsable fabrication puis responsable de pôle assurance qualité pour les clients fournisseurs. C’est en mars 2021 qu’elle rejoint le monde du transport, chez Eurotranspharma, en tant que directeur qualité. « Eurotranspharma avait besoin de ce profil pour la qualité, dans une démarche structurée, indique-t-elle. Auparavant, la personne était issue du transport mais les clients sont devenus de plus en plus exigeants. C’est un milieu qui fait apparaître beaucoup de contraintes, avec une obligation de respect des normes tout au long de la tournée, avec des problématiques comme la résistance du groupe froid dans des régions où il fait chaud ». N’étant pas u-issue du transport, elle cherche alors une légitimité par rapport aux sous-traitants et s’intéresse à un bachelor construit sur-mesure pour Eurotranspharma : « Mais il s’agissait d’un bac+4, alors que j’ai un bac+6-7… ». Elle prend alors l’initiative de contacter Florence Bonnafous pour un Master DAE à l’EST qui se réalisait sur 1,5 an. Elle prend une formule qui lui permet de le passer en 6 mois en validant 6 modules. « C’est un métier passionnant, où il n’y a pas de journée type. Le transport, tout le monde l’utilise mais personne ne s’aperçoit de tout ce qui se cache derrière ; la planification, la réglementation, l’informatique… »

Voyageurs, transport aérien

Jean-François Raudin, directeur général France d’Air Canada

Jusqu’au bac, Jean-François Raudin ne s’imaginait pas faire de longues études. Il s’est lancé dans un BTS action commerciale qui lui permet de faire l’expérience du milieu du travail… et lui donne le goût de progresser. Intéressé par le secteur aérien mais ne souhaitant pas faire un bac+5, il trouve un stage dans le service commercial d’une compagnie aérienne, American Airlines, puis il pousse la porte de l’E.S.T. qui permet de concilier formation et travail par l’alternance. Si dans un premier temps le programme de l’École, basé sur l’ensemble des modes, le rebute il se rend rapidement compte qu’une vision globale du transport s’avère enrichissant et un réel atout pour, notamment, connaître les divers postes et leurs enjeux. Embauché par American Airlines en tant qu’assistant commercial, il gravit les échelons. En 1998, il quitte le secteur aérien qui est frappé par une forte crise et se tourne vers la technologie pour le transport, chez Galileo, pendant une dizaine d’années. Une expérience très formatrice qui lui a permis de montée en compétences sur les technologies qui sont devenues aujourd’hui primordiales dans le transport. Entre 2007 et 2017, il retourne dans l’aérien dans trois compagnies qui se trouvent tour à tour à chaque fois en difficulté. Mais, en travaillant dans l’urgence et à travers les turbulences, il gagne encore une fois en compétence. Il intègre Air Canada en 2017, « un groupe très bien géré et qui a plein de projets de développement ».

Voyageur, transport ferroviaire

Olivier Juban, coordinateur régional groupe SNCF

Olivier Juban a découvert le monde maritime pendant son service militaire effectué au Havre, dans le district de transit outre-mer. Le contact humain et le concret le convainquent de poursuivre cette voie et de quitter l’armée, même s’il était fils de saint-cyrien. Après une première formation à Rouen, il commence au smic, sur une péniche, et découvre l’exploitation. Il rejoint ensuite l’EST en pensant ne pas être accepté puisque les autres candidats avaient des niveaux de bac+5 et de l’expérience. Il intègre la SNCF en 1994 et suit des études à HEC grâce au groupe ferroviaire. Il enchaine en devenant responsable d’exploitation dans une autre entreprise ferroviaire, d’où il démissionne en 1996, en dénonçant des malversations. Il reprend alors cette même boîte, Ecorail, puis une deuxième et une troisième société lui sont confiées. C’est en 2007 qu’il rejoint le groupe SNCF et devient directeur de fret pendant douze ans. Lorsqu’il rencontre le directeur général TER de l’époque Franck Lacroix, ce dernier lui propose de rejoindre TER, et donc de basculer sur le transport de voyageurs, en tant que coordinateur régional TER Pays-de-la-Loire. Et, en 2023, il devient président de la filiale SNCF voyageurs Loire Océan. Pour Olivier Juban, qui indique « n’avoir jamais été carriériste », il faut de belles rencontres pour évoluer dans le transport, mais aussi « avoir une vision stratégique de patron » et « parfois s’autoriser à interroger le système ».

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