C’est un nouveau départ et l’aboutissement d’une stratégie de restructuration engagée début 2024. Le 1er mars, le groupe Guyamier installe ses services sédentaires (comptabilité, facturation et exploitation) dans un nouveau bâtiment de 350m2, à Floirac (33). « Les équipes vont travailler plus en communion, promet Nicolas Guyamier, le PDG, féru de rugby et président du Floirac Rive droite. Tous les vendredis, les exploitants iront tout de même sur les sites pour rencontrer leurs conducteurs ».
Un renfort par l’externe
Travailler en lien revêt une importance capitale pour les salariés de l’entreprise qui a connu, depuis son redressement judiciaire en 2014 puis sa remontée, plusieurs acquisitions : Lacassagne, Atlantic, Europe Express, SMGE, Aquidis ou, en janvier encore, les transports Ervine, à Ygos-Saint-Saturnin (40)… Certes, ces opérations de croissance externe l’ont renforcé, faisant aujourd’hui des Transports Guyamier un groupe de 300 personnes, dont 220 conducteurs, qui compte 520 cartes grises et 24 000 m2 d'entrepôts, et qui réalise en 2025 un chiffre d’affaires de 38 millions d’euros (bois et papier, livraison en Grande-Bretagne, maritime…).
Le défi de cette concentration a aussi été de faire travailler ensemble différentes équipes, sur des sites distincts. « Il est essentiel que les collaborateurs se connaissent et important de limiter les allées et venues entre les différents sites, pointe Nicolas Guyamier. Pour l’exploitation, en particulier, il y avait un responsable par site, ce qui devenait compliqué ».
Intelligence d’exploitation
La complexité de la situation est apparue au dirigeant plus problématique encore lorsque, début 2024, « face à une baisse de rentabilité, il a fallu trouver des économies, se rappelle-t-il. Comme j’ai un contrôle de gestion précis et comme nous avions aussi une bonne activité, j’ai pris des actions immédiates. Il a fallu se réinventer, réduire les coûts, travailler l’intelligence d’exploitation, la rentabilité et la diminution des dépenses ».
Ainsi, chaque société du groupe s’est engagée dans la diminution des dépenses sur de postes matériels, « sauf sur la flotte, cœur du métier ». L’exploitation, elle, a fait l’objet d’une réorganisation, avec la désignation d’un responsable à l’échelle du groupe, plutôt que sur chaque site. Cette équipe a été dotée de nouveaux outils d’intelligence d’exploitation, avec notamment Dash doc, des tablettes et de la facturation électronique, pour accélérer la circulation d’information, la facturation et l’analyse des données par conducteur.
La compta et les prix
En parallèle, pointe le chef d’entreprise, « j’ai changé d’expert-comptable le 1er janvier 2025. Eurêka, un cabinet spécialisé dans le transport, connaît mieux les pourcentages et les statistiques à observer ». Nicolas Guyamier a également renégocié ses prix avec les clients afin de faire évoluer les tarifs, avec deux augmentations de 5% en 2024, une autre de 3% en 2025, puis en 2026. « C’est beaucoup d’échange, d’explication et de transparence sur nos contraintes pour convaincre, souffle-t-il. C’est une vie ! »
Résultat, entre la diminution des dépenses, l'affûtage de la comptabilité, la rationalisation de l’exploitation et l’augmentation des tarifs, le transporteur estime « qu’il y a eu un “effet ciseaux” pour retrouver un fonctionnement plus standardisé et rentable ». Enfin, s’il n’a pas de nouvelle opération de croissance externe en prévision cette année après celle de janvier, le groupe attend actuellement la construction d’une station électrique publique sur son site de Lacassagne, à Cestac. « Nous avions du foncier disponible, dit Nicolas Guyamier. Ce sera une station publique, gérée par Enedis, dédiée aux véhicules lourds et où nous pourrons avoir un tarif préférentiel quand nous aurons des camions électriques. Ce que certains clients commencent à nous demander ».