Altens change de périmètre. Le distributeur rochelais, filiale du groupe Advens, 140 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et plus de 500 clients professionnels, a présenté jeudi 8 octobre sa nouvelle activité de fournisseur d’énergie. L’entreprise a obtenu en avril 2026 l’autorisation d’achat-revente d’électricité, la licence qui lui permet de vendre le kilowattheure. Après les carburants bas carbone, le bio-GNC, le photovoltaïque et les infrastructures de recharge, elle commercialise de l’électricité verte et du gaz, avec du prix fixe sur un à trois ans ou de l’indexé et des garanties d’origine françaises.
Le timing n’est pas fortuit. La fin de l’Arenh, le 31 décembre 2025, a exposé les professionnels à la volatilité des marchés. Selon la Commission de régulation de l’énergie, 14,8 % d’entre eux ont changé de fournisseur d’électricité au premier trimestre 2026, un record. Altens vise en priorité ses clients actuels.
Un avantage électrique qui tient aux aides
Reste le tableau de bord présenté par Altens, qui intéressera les exploitants. Le gazole se maintient à 2,35 euros le litre à la pompe au 6 octobre, selon les chiffres avancés par l’entreprise. Le cadre européen impose 45 % de réduction des émissions sur les camions neufs dès 2030, puis 65 % en 2035 et 90 % en 2040. Et le marché carbone ETS2 arrive en 2028 sur les carburants routiers, soit environ 11 centimes de plus par litre de gazole à 45 euros la tonne de CO2.
Obligé CEE, Altens finance en direct la prime TRA-EQ-129, bonifiée de sept à neuf fois depuis le 1er juin 2026, qui peut atteindre 100 000 euros par camion de plus de 26 tonnes assemblé en Europe, avec un versement annoncé sous trente jours. Un appui décisif, car selon l’étude TCO de l’IRU publiée en juin, un ensemble articulé électrique affiche sur sept ans un coût d’exploitation inférieur de 13 % au diesel à 120 000 kilomètres par an, aides incluses. Sans elles, l’avantage disparaît.
Acheter, produire ou éviter de consommer
L’intérêt de la licence, pour Altens, est moins le prix du kilowattheure que la capacité à arbitrer sur toute la chaîne. « Être fournisseur nous permet de changer de logique. Pour chaque kilowattheure consommé par notre client, nous pouvons nous demander, avec lui, s’il vaut mieux l’acheter, le produire, le stocker, déplacer son utilisation ou simplement éviter de le consommer », résume Étienne Valtel, directeur général d’Altens. L’entreprise pourra monter des contrats d’achat de long terme, les fameux PPA, et des solutions adossées à une production renouvelable installée chez le client ou à proximité. Elle développe ses propres capacités photovoltaïques, pour 100 millions d’euros d’investissements sur cinq ans à l’échelle du groupe. Sa plateforme MyAltens hébergera garanties d’origine et attestations, mobilisables pour le bilan GES et le reporting CSRD.
Le mouvement ne signe pas la sortie du carburant pour autant. Altens, qui a lancé la commercialisation du HVO 100 en France, continue de défendre un bouquet d’énergies comparées usage par usage. Les carburants bas carbone restent, à ses yeux, la brique qui permet d’enclencher la décarbonation pendant que les raccordements et les montées en puissance électrique se construisent.
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