Chez Le Berre, c'est un appel d'offres qui a déclenché l'électrification

Le loueur de véhicules avec conducteur de Joué-lès-Tours a mis en service ses deux premiers tracteurs électriques après avoir remporté le renouvellement de son contrat avec Viaposte. Il vise 50 % de véhicules électriques dans cette première phase, avec une infrastructure de recharge mutualiste signée Chargepoly.

Crédit photo Chargepoly
Le loueur de véhicules avec conducteur de Joué-lès-Tours a mis en service ses deux premiers tracteurs électriques après avoir remporté le renouvellement de son contrat avec Viaposte. Il vise 50 % de véhicules électriques dans cette première phase, avec une infrastructure de recharge mutualiste signée Chargepoly. 

Le groupe Le Berre, entreprise familiale d'Indre-et-Loire spécialisée dans la location de véhicules avec conducteur, a engagé en juin l'électrification de sa flotte avec deux tracteurs Mercedes-Benz eActros 600. Fondée en 1996 par Yann Le Berre, la société fête ses trente ans et sort d'une période de restructuration qui l'a conduite à se recentrer sur son cœur de métier.

L'élément déclencheur n'est pas réglementaire mais commercial. C'est le renouvellement de son activité avec Viaposte, à la suite d'un appel d'offres remporté par le groupe, qui a donné l'impulsion à l'investissement. « L'appel d'offres remporté avec Viaposte nous a donné l'impulsion nécessaire pour investir dans nos deux premiers eActros. Maintenant, l'objectif est de monter rapidement en volume », explique Yann Le Berre. Une illustration concrète du rôle des donneurs d'ordre dans la décarbonation du pavillon, et de la difficulté à amorcer seul une électrification.

Un calendrier assumé, après le HVO100

Le groupe avait entamé sa décarbonation en 2024 avec le HVO100 avant de basculer sur l'électrique cette année. Un délai revendiqué par son dirigeant. « Il y a deux ans, la technologie n'était pas encore suffisamment aboutie à nos yeux. Aujourd'hui, nous avons enfin une véritable alternative au thermique, avec une technologie qui nous paraît suffisamment pérenne pour nous permettre de nous projeter », avance-t-il.

Le déploiement se poursuit avec deux porteurs électriques eActros 400 attendus en octobre et en décembre, puis un tracteur Renault Trucks E-Tech T 540 en janvier 2027. Ce dernier, équipé de six packs de 90 kWh, est destiné à parcourir environ 300 km par jour, pour une autonomie annoncée jusqu'à 500 km selon les conditions d'exploitation. L'objectif affiché est d'atteindre 50 % de véhicules électriques à l'issue de cette première phase de renouvellement.

Une unité de puissance partagée entre quatre bornes

Côté recharge, le groupe a retenu une architecture mutualisée fournie par Chargepoly. Installée sur son site, elle repose sur une Power Unit de 300 kW associée à quatre satellites de recharge. Le principe permet d'alimenter plusieurs véhicules depuis une même unité de puissance, et donc d'ajouter des points de charge au fil de la croissance de la flotte sans multiplier les raccordements.

C'est précisément l'équation que pose l'électrification pour une PME. « Plus nous aurons de camions électriques, plus nous pourrons rentabiliser notre investissement dans l'infrastructure et réduire progressivement le coût de leur exploitation », souligne Yann Le Berre. Un raisonnement inverse de celui du véhicule thermique, où l'infrastructure ne pèse pas dans l'équation, et qui pousse les transporteurs à monter en volume plus vite qu'ils ne le feraient autrement.

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