Le coût total annuel d’un conducteur néerlandais affecté à l’international s’établit à 81 705 euros, en progression moyenne de 3,9 % par an depuis 2019. La nouvelle convention collective 2024-2026 a revalorisé les minima, avec un salaire brut mensuel de 3 255 euros pour un conducteur de grade D6 hors heures supplémentaires, soit près de 22 % de hausse en cinq ans. Dans le même temps, la productivité reste soutenue, avec une cinquantaine d’heures supplémentaires mensuelles en moyenne.
Un marché sous pression…
Au-delà du poste conducteur, l’ensemble des coûts d’exploitation est orienté à la hausse. Les péages ont progressé de 24 % depuis 2019, sous l’effet des revalorisations en France, en Belgique et en Allemagne, tandis que le coût de détention des véhicules a bondi de 41 %. À cela s’ajoute une évolution structurante : les Pays-Bas abandonneront le système Eurovignette au 1er juillet 2026 au profit d’une redevance kilométrique, renforçant encore la pression sur les coûts.
Par sa structure et son positionnement, le secteur néerlandais agit comme un révélateur des tendances européennes. Très orienté vers la logistique, le conteneur et le multimodal, il reste tourné vers l’international, même si cette activité recule et représente désormais moins de la moitié du total, contre 55 % en 2019. Le tissu d’entreprises demeure par ailleurs très atomisé, avec 93 % de structures de moins de dix salariés.
… mais en avance sur les mutations
Mais c’est surtout sur le terrain de la transition énergétique que les Pays-Bas se distinguent comme un marché en avance. Selon le CNR, mi-2025, 78 % des fourgonnettes neuves et 76 % des camions moyens étaient immatriculés en électrique. Ce sont les taux les plus élevés de l’Union européenne. Une dynamique portée par des politiques publiques volontaristes, mais aussi par une structuration logistique adaptée aux flux urbains et courts.
Ce positionnement illustre un paradoxe de plus en plus visible en Europe : les marchés les plus avancés sur la décarbonation sont aussi confrontés à une pression accrue sur leurs coûts d’exploitation. À ce titre, le cas néerlandais apparaît comme un indicateur avancé des équilibres à venir pour l’ensemble du transport routier européen.
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