Petits colis : Bercy fait état d’une baisse de 30 à 40 % des importations dans l’UE

Deux mois après l’instauration d’un droit de douane européen de 3 euros sur les envois de moins de 150 euros, le ministère de l’Économie annonce un recul de 30 à 40 % des importations dans l’Union européenne. Ce premier signal, attribué aux Douanes françaises, pourrait aussi accélérer la réorganisation des chaînes logistiques des grandes plateformes asiatiques.

Crédit photo Douanes françaises
Deux mois après l’instauration d’un droit de douane européen de 3 euros sur les envois de moins de 150 euros, le ministère de l’Économie annonce un recul de 30 à 40 % des importations dans l’Union européenne. Ce premier signal, attribué aux Douanes françaises, pourrait aussi accélérer la réorganisation des chaînes logistiques des grandes plateformes asiatiques.

Le droit de douane européen appliqué depuis le 1er juillet aux petits colis produirait déjà ses premiers effets. Le 27 août, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France organisée par le Medef, le ministre de l’Économie Roland Lescure a fait état d’une baisse de 30 à 40 % des importations dans l’Union européenne. Le chiffre a été communiqué par Bercy, qui l’attribue aux Douanes françaises.

Le droit de douane européen appliqué depuis le 1er juillet aux petits colis produirait déjà ses premiers effets. Le 27 août, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France organisée par le Medef, le ministre de l’Économie Roland Lescure a fait état d’une baisse de 30 à 40 % des importations dans l’Union européenne. Le chiffre a été communiqué par Bercy, qui l’attribue aux Douanes françaises.

La prudence reste néanmoins nécessaire : ni la période exacte de comparaison, ni le périmètre géographique et statistique, ni la série de données utilisée n’ont été rendus publics. À ce stade, il s’agit donc d’une première estimation officielle et non d’une étude douanière publiée permettant de mesurer précisément l’effet de la taxe.

Un droit de 3 euros à l’échelle européenne

Depuis le 1er juillet, les envois d’une valeur inférieure à 150 euros entrant dans l’Union européenne sont soumis à un droit forfaitaire de 3 euros par catégorie tarifaire distincte contenue dans le colis. Cette mesure provisoire doit s’appliquer jusqu’au 1er juillet 2028, dans l’attente du nouveau système douanier européen.

Elle a remplacé la taxe française de 2 euros entrée en vigueur le 1er mars puis abrogée au 1er juillet. Limitée aux importations réalisées en France, celle-ci pouvait être contournée par une entrée dans l’Union via un autre État membre, suivie d’un acheminement routier vers le marché français. L’harmonisation européenne réduit cette possibilité d’arbitrage entre portes d’entrée.

L’enjeu porte sur des volumes considérables. Selon la Commission européenne, près de 5,9 milliards d’articles de faible valeur ont été importés dans l’UE en 2025, soit 26 % de plus qu’en 2024. Ils représentaient environ 98 % des articles importés, mais seulement 2,1 % de leur valeur totale. La Chine concentrait 93 % de ces flux en volume.

Des commandes moins nombreuses mais des paniers plus élevés

Une étude publiée le 24 août par l’application de cashback Joko apporte un autre indicateur, limité cette fois aux achats de consommateurs français. À partir des transactions d’un panel de 1,5 million de personnes, elle mesure entre juin et juillet une baisse de 50 % des ventes en volume chez Temu, de 37 % chez AliExpress et de 15 % chez Shein. Dans le même temps, le panier moyen aurait progressé de 30 % chez Temu et de 27 % chez AliExpress.

Ces résultats ne mesurent pas directement les flux douaniers, mais ils suggèrent une adaptation des comportements. Moins de commandes de très faible montant et des achats davantage regroupés. Ils montrent aussi que toutes les plateformes ne sont pas exposées de la même manière. Celles qui disposent de stocks ou d’entrepôts dans l’Union peuvent faire entrer les marchandises en lots avant la vente au consommateur, plutôt que de les expédier individuellement depuis un pays tiers.

Quels effets pour le transport et la logistique ? 

Pour les opérateurs de transport, une baisse des importations unitaires ne signifie donc pas nécessairement un recul équivalent des volumes distribués en Europe. Une partie des flux pourrait basculer de l’aérien express et du colis transfrontalier vers des importations groupées, du stockage européen, des liaisons routières entre entrepôts et de la livraison domestique.

La donnée annoncée par Bercy constitue un premier signal de rupture après plusieurs années de forte croissance. Pour en mesurer l’effet réel sur les transporteurs, il faudra toutefois connaître la durée de la baisse et déterminer si elle traduit un recul durable de la demande ou une transformation des schémas d’approvisionnement des plateformes.

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