La CFTC Transports appelle les salariés du secteur à se rassembler le mercredi 14 octobre, de 10 à 16 heures, rue du Bac dans le 7e arrondissement de Paris, devant le ministère des Transports. La fédération présidée par Guillaume Cadart met en avant quatre revendications.
La première porte sur le carburant. La CFTC réclame une aide accessible à tous les salariés, et non aux seules entreprises. Son tract souligne l'asymétrie : là où les transporteurs bénéficient du remboursement partiel de la taxe sur le gazole professionnel et répercutent la hausse sur leurs tarifs clients, les conducteurs paient leur plein de leur poche pour se rendre au dépôt, souvent à des horaires décalés qui excluent toute alternative aux transports en commun.
La deuxième concerne les salaires. La fédération rappelle qu'aucune revalorisation n'a été décidée dans la branche depuis 2023 et demande l'ouverture immédiate de négociations.
La déduction forfaitaire spécifique dans le viseur
La troisième revendication cible la déduction forfaitaire spécifique, fixée à 17 % en 2026 pour les conducteurs routiers. Ce dispositif permet à l'employeur d'appliquer un abattement sur le salaire brut servant de base au calcul des cotisations sociales. La CFTC s'y oppose, estimant que le salarié cotise sur une base réduite et perd des droits, avec une retraite plus faible et des indemnités maladie et chômage calculées sur une assiette diminuée.
La quatrième porte sur la transition énergétique. La fédération dit soutenir l'abandon progressif du gazole, mais dénonce une écologie punitive, pointant des taxes qui pèsent sur les petits budgets et un véhicule électrique inaccessible pour un salaire moyen, quand les entreprises bénéficient d'aides pour verdir leur flotte.
Cet appel intervient alors que la CFDT, premier syndicat de la branche, a de son côté appelé à une mobilisation nationale le vendredi 16 octobre, également sur les salaires. Deux dates distinctes, à deux jours d'intervalle, qui laissent pour l'instant la rentrée sociale du transport routier se jouer en ordre dispersé.
À lire aussi :
Transport combiné : le ferroviaire confirme sa dynamique, le fluvial reste sous pression