La Californie s’ouvre désormais aux expérimentations poussées de camions autonomes. Le Département des véhicules à moteur (DMV) de Californie a officiellement adopté en avril 2026 une réglementation historique autorisant la circulation des camions autonomes de plus de 10 000 livres sur les routes publiques, soit toutes les classes de camions au-delà de 4,5t. Cette décision marque un tournant stratégique pour l’État, longtemps resté en retrait face à des juridictions plus permissives comme l'Arizona, le Texas ou l'Arkansas, devenus les laboratoires privilégiés du secteur.
Des exigences de sécurité draconiennes
Mais le Golden State ne s'aligne pas pour autant sur la flexibilité de ses voisins. Le processus d'homologation impose des exigences de sécurité draconiennes, notamment la validation de 1 000 000 miles cumulés (1,6 millions de km) avant tout déploiement commercial sans conducteur, dont une large part doit être réalisée sur le sol californien. En plus de ce seuil technique élevé, le régulateur californien impose des normes de contrôle inédites : communication bidirectionnelle permanente pour une assistance à distance sous 30 secondes et capacité pour les autorités locales d'instaurer des zones d'exclusion dynamiques via « géofencing ». Dès le 1er juillet 2026, les forces de l'ordre pourront sanctionner directement les opérateurs en cas d'infraction. Si cette avancée ouvre un marché stratégique, elle fait l'objet de vifs débats, notamment de la part des syndicats de routiers qui craignent pour l'emploi et la sécurité publique