Pour Juliette Virtel, directrice Performance globale & Innovation du groupe MGE, ce virage vers l’électrique n’est pas le fruit d’un effet de mode. « C’est un projet sur lequel nous travaillons depuis trois ans. Au départ, ce n’était pas une question de coûts énergétiques mais plutôt une démarche d’expérimentation, de diversification et d’innovation », explique-t-elle.
À l’époque, MGE souhaitait disposer d’un premier terrain d’essai pour le transport électrique. L’entreprise avait déjà identifié des flux compatibles avec cette technologie ainsi que des clients prêts à tester des solutions décarbonées. Des contraintes administratives ont toutefois retardé le projet et conduit le groupe à relocaliser l’installation à son siège social de Chavelot.
Cette nouvelle station IRVE (Infrastructure de recharge pour véhicules électriques), étalée sur 4 500 m² en phase 1 puis extensible à 9 000 m², est dimensionnée pour recharger dix camions simultanément. Un choix volontairement ambitieux. « On a voulu voir les choses en grand. Peut-être que les bornes seront sous-utilisées au départ, mais nous pensons que l’accélération peut aller très vite. Nous préférons dimensionner l’installation pour l’avenir », souligne Juliette Virtel.
Un objectif de 20 tracteurs électriques d’ici à fin 2027
L’inauguration de la station accompagne l’intégration des cinq premiers tracteurs électriques dès novembre. Une première étape qui représentera environ 1 % de la flotte de tracteurs du groupe. Mais les ambitions vont bien au-delà. « Nous avons la volonté d’accélérer. Avant la fin de l’année 2027, nous voudrions passer de cinq à vingt tracteurs électriques », indique la dirigeante.
Pour accompagner cette montée en puissance, MGE a déjà prévu une extension de son infrastructure afin de pouvoir, à terme, recharger vingt poids lourds simultanément.
L’électrification s’inscrit dans une démarche globale de décarbonation. Déjà engagé dans le transport combiné rail-route grâce à un terminal embranché fer dans l’Est de la France, le groupe entend proposer à certains chargeurs une chaîne logistique totalement décarbonée. « L’idée est de pouvoir offrir à nos clients des flux associant le rail et l’électrique afin d’obtenir un transport 100 % décarboné. »
Pour mener à bien ce projet, MGE s’appuie sur la société Zetra, spécialisée dans l’accompagnement à l’électrification des flottes. Celle-ci prend en charge les investissements liés aux véhicules et à l’infrastructure de recharge. En contrepartie, le transporteur s’acquitte d’une redevance kilométrique, couvrant notamment l’énergie, l’accès à la station de recharge et la maintenance des véhicules. « Ce modèle économique nous permet de variabiliser nos charges tout en bénéficiant d’une expertise que nous n’avions pas en interne », résume Juliette Virtel. La station pourra accueillir d’autres transporteurs.
À lire aussi :
ETS2 : La nouvelle taxe carbone à anticiper
En prévision de l’ETS2 : mesurer pour s’améliorer et fidéliser ses clients…