Les projets de contournement autoroutier d’Arles et la liaison Est-Ouest d’Avignon (LEO) tardent à se concrétiser. Le 14 avril, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Pays d’Arles et les acteurs économiques du territoire ont officiellement interpelé l’État sur le devenir des deux infrastructures majeures. « Le projet de la LEO, c’était vraiment un blocage politique », affirme Stéphane Paglia, président de la CCI du Pays d’Arles. Les élections municipales ont fait évoluer le dossier vers un consensus politique. L’élection d’Olivier Galzi, nouveau maire d’Avignon, également président du Grand Avignon, a permis de lever les oppositions institutionnelles. Ce dernier a d’ailleurs rencontré le ministre des Transports, le 14 avril 2026, à Avignon, pour confirmer le soutien politique au projet. « Aujourd’hui, c’est à l’État d’accélérer », affirme Stéphane Paglia, président de la CCI du Pays d’Arles. La LEO vise à créer un barreau de liaison entre l’A7 et l’A9, permettant de contourner Avignon par le nord et de désengorger un nœud routier saturé.
Contournement d’Arles : « Il faut faire ce lien Espagne-Italie »
Chaque jour, près de 76 000 véhicules, dont de nombreux poids lourds, traversent l’agglomération d’Arles. Une situation jugée critique par les défenseurs du projet de contournement de 13 kilomètres. Un projet estimé à plus d’un milliard d’euros qui devait permettre de détourner le trafic de la RN113 hors du centre-ville d’Arles. Mais le commissaire enquêteur a pointé plusieurs fragilités, notamment environnementales, relançant un débat ancien entre impératifs logistiques et exigences écologiques. L’avis négatif rendu le 4 mars 2026, à l’issue de l’enquête publique a été suivi, un mois plus tard, le 3 avril, par une décision du COI qui recommande la poursuite du projet, tout en demandant des ajustements.
Une position qui conforte les partisans du contournement. « Le débat ne porte plus sur l’utilité du projet, mais sur ses modalités de réalisation », affirme Stéphane Paglia. Pour les acteurs économiques, le contournement d’Arles reste indispensable. Il s’inscrit dans un corridor stratégique reliant l’Espagne à l’Italie, au cœur de l’arc méditerranéen. « Il faut faire ce lien Espagne-Italie », confirme Stéphane Paglia. Et l’élu consulaire de préciser en outre que le territoire connaît une montée en puissance logistique, portée notamment par le développement des flux conteneurisés du port de Marseille-Fos et des infrastructures multimodales d’Arles. « Il va y avoir une augmentation de trafic. Nous avons besoin d’infrastructures solides pour accompagner le développement économique », conclut-il.