C’est la liquidation judiciaire. Si elle était attendue et redoutée, la décision du tribunal de commerce de Lille Métropole, à Tourcoing, n’en représente pas moins un choc massif pour les quelque 1500 salariés de Ziegler France et de Satra, répartis dans différentes régions de l’Hexagone, dont le licenciement devrait être acté. Le transporteur belge, dont le siège français se situe à Roncq (59) avait été placé le 2 mars en redressement judiciaire. En revanche, le tribunal prolonge d’un mois à compter de ce jour les périodes d’observation des sociétés Ziegler Services et Dornach, afin d’étudier les possibilités de préserver une partie de l’emploi et de l’activité”.
Des pertes d'exploitation de 6,9 M€ en 2025
Dans un communiqué, Alain Ziegler, PDG du groupe Ziegler, exprime sa “profonde tristesse” et dit “remercier chaleureusement l’ensemble de (ses) collaborateurs, clients et fournisseurs” pour leur confiance. Pour expliquer la décision du tribunal, le dirigeant relève “plusieurs exercices marqués par une baisse significative de l’activité”, la “dégradation de la rentabilité liée à la hausse des coûts de l’énergie”, ainsi que “la perte de contrats majeurs” ou “l’impossibilité de trouver des solutions de financement ou de reprise permettant d’assurer la pérennité de l’entreprise”.
Des regrets et des arguments que ne risquent pas d’entendre les fournisseurs transporteurs du groupe et les salariés du groupe, longtemps laissés dans l’ignorance de la situation pourtant préoccupante de l’entreprise. “Voilà des mois que nous demandions des éclaircissements sur les pertes du groupe, témoigne David Clairet, délégué syndical CGT au comité social et économique (CSE) central de l’entreprise. En 2025, Ziegler France accusait déjà des pertes de 6,9 millions d’euros de perte au niveau de l’exploitation, pour un chiffre d’affaires de 445 millions d’euros. Malgré nos sollicitations, nous n’avions pas accès à la banque de données économiques et sociales et, surtout, on nous opposait un silence”.
Cessation de paiement dès septembre 2024
Or, le 2 mars dernier, lors de la mise en redressement judiciaire prononcée par le même tribunal, le responsable syndical et l’avocat des salariés apprenaient “avec stupéfaction, souligne le délégué syndicale, que la date de déclaration de cessation de paiement de Ziegler France remontait au 24 septembre 2024. Il aura fallu attendre mars 2026 pour qu’un redressement soit prononcé, alors que depuis des semaines, les camions étaient à l’arrêt, les fournisseurs n’étaient plus payés. On aurait pu faire autrement, avec moins de pertes”. Malgré les récentes rumeurs de rachat et l’assurance du ministre de l'économie Roland Lescure qui, la semaine dernière lors d'une séance de questions au gouvernement, avait déclaré suivre "la situation de très près". Cela n’aura pas suffit.
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