Comment attirer des jeunes vers un métier qu'ils ne connaissent pas ? C'est l'enjeu auquel s'est attaquée l'Association française du transport routier de matières dangereuses (ATMD), qui a dressé lors de son assemblée générale le bilan de « TMD Expérience », opération organisée en octobre dernier sur un site du Creusot. Huit mois après, l'association estime sa mission remplie : 80 jeunes, en fin de parcours scolaire, sont venus découvrir les métiers du transport de matières dangereuses (TMD) à travers des ateliers concrets : dépotage, manipulation de différents matériels... Animés avec plusieurs entreprises du secteur.
Derrière l'événement, un constat : la filière peine à renouveler ses générations. Une enquête menée par l'ATMD début 2023 auprès de 560 conducteurs employés par ses adhérents décrivait une population expérimentée et vieillissante, avec 40 % de conducteurs âgés de plus de 50 ans, 41 % comptant plus de quinze ans de métier, et seulement 3 % de femmes. Spécialité trop pointue pour se prêter à des campagnes de recrutement larges, le TMD reste largement méconnu des jeunes, qui réduisent souvent le transport aux bennes et aux frigos.
Faire découvrir un métier méconnu
L'opération a précisément visé à élargir cette vision. Réunissant de grands groupes : Jacky Perrenot, le groupe Charles André ou Geodis, et l'ensemble des métiers de la filière, elle a permis aux jeunes de constater qu'il existait autre chose que les segments les plus visibles du transport. L'association met aussi en avant un autre objectif : féminiser la profession. Parmi les participants, 15 % étaient des filles, une proportion à comparer aux quelque 2,5 % de femmes parmi les conducteurs en France.
Selon l'ATMD, les entreprises présentes comme les intervenants se sont déclarés satisfaits, et l'opération a redynamisé les équipes mobilisées.
Des leviers à activer pour l'insertion
Reste à transformer l'essai. Pour l'association, c'est désormais aux entreprises d'ouvrir leurs portes et de dédiaboliser un secteur que ces jeunes ne connaissaient tout simplement pas. Plusieurs leviers sont identifiés : nouer des partenariats avec les écoles et dialoguer avec les enseignants, à l'image des actions menées dans les établissements par le groupe Charles André ; rendre le métier concret en présentant des matériels spécifiques ; et valoriser ses atouts : un métier propre, sans port de charges.
L'argument le plus fort vient de l'enquête elle-même : le métier séduit ceux qui l'exercent, avec une note de satisfaction moyenne de 7,7 sur 10 et 77 % de conducteurs prêts à le recommander, une proportion qui grimpe à 91 % chez les moins de 35 ans. Les freins, eux, demeurent : accès parfois difficile aux sites, coût élevé de ce type d'opération et multiples contraintes propres au TMD.
Pour l'ATMD, l'expérience mérite d'être renouvelée. L'association espère une édition 2027 de « TMD Expérience ».
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