L'Union des entreprises Transport et Logistique de France (Union TLF) a publié l'édition 2026 de son document statistique consacré aux transports européens de marchandises, établi à partir de données de l'ACEA, l'association des constructeurs automobiles européens. L'un de ses deux focus porte sur le mix énergétique de la flotte poids lourds. Le constat est net : sur les 6,16 millions de poids lourds enregistrés dans l'Union européenne en 2024, 98,7 % roulaient encore à une énergie thermique et seulement 1,3 % à une énergie alternative. La bascule s'accélère toutefois côté véhicules neufs, où la part de l'énergie alternative est passée de 5 % en 2024 à 6,8 % en 2025.
Le gaz naturel devant l'électrique
Le décompte des énergies traditionnelles mérite une précision méthodologique. L'agrégation brute de l'ACEA aboutit à 96,8 % de motorisations thermiques (96,3 % au gazole, 0,5 % à l'essence), 1,9 % du parc affichant une motorisation « inconnue », très concentrée en Grèce et en Lituanie. Ces deux pays ne comptant quasiment aucune motorisation alternative, l'Union TLF a requalifié ces véhicules en gazole, pour aboutir à 98,7 % de thermique et 1,3 % d'alternatif.
Au sein de ce dernier segment, le gaz naturel domine avec environ 60 % des motorisations alternatives, soit 0,8 % du parc total, devant l'électrique (23 % des alternatives et 0,3 % du parc). Les écarts entre pays sont marqués : la Suède (4,8 %) et la Norvège (4,2 %) affichent les flottes les plus décarbonées, la France se hissant en 3e position avec 3 % de son parc, juste devant le Danemark (2,8 %). L'Hexagone se distingue par une part de motorisations « autres », incluant le biodiesel, plus élevée que ses voisins.
Une dynamique plus visible sur les immatriculations
Le renouvellement du parc avance plus vite que sa moyenne. En 2025, l'Union européenne a enregistré 307 460 immatriculations de poids lourds neufs, en repli de 6,2 % sur un an. Parmi elles, 4,2 % concernaient des véhicules 100 % électriques et 2,6 % d'autres énergies alternatives, portant la part du non-diesel à 6,8 %. Le gazole reste néanmoins hégémonique, avec 93,2 % des immatriculations.
Le décalage entre un parc encore thermique à plus de 98 % et des ventes neuves qui s'orientent progressivement vers l'alternatif montre l'inertie d'une flotte dont le renouvellement complet s'étale sur plus d'une décennie, alors que le secteur est appelé à accélérer sa décarbonation.
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