France Benne tient bon le cap !

Les adhérents de France Benne se sont réunis à Bruxelles du 22 au 25 mai.

Crédit photo Robin Hamon, ETEAM
C’est à Bruxelles que se sont donné rendez-vous les adhérents de France Benne pour la 31e édition du séminaire du groupement, du 22 au 25 mai. Malgré un contexte économique particulièrement complexe, les adhérents comme la coopérative tiennent globalement bon le cap.

« Alors que l’année dernière nous fêtions nos « 30 Glorieuses », qui aurait pu prédire qu’un an plus tard nous ferions face à une telle déstructuration des marchés ? s’est exclamé Patrice Fontan, président du groupement, en préambule du 31 séminaire France Benne, en référence à la guerre au Moyen Orient et aux incertitudes concernant le prix des carburants. Nous voilà de nouveau confrontés à une situation compliquée. Mais une fois encore, je pense que le groupement et ses valeurs nous permettront de traverser cette nouvelle tempête. La résilience d’un transporteur est sa principale force. Il possède une grande capacité d’adaptation. » Et cette résilience porte ses fruits pour les transporteurs spécialistes de la benne puisque, malgré le contexte, après une stabilisation de l’activité en 2024-2025, l’activité apparaît en nette progression, avec, au niveau de la cellule commerciale du groupement, une hausse de 35% du chiffre d’affaires au premier trimestre 2026 par rapport à l’année dernière à la même période. Le président du groupement attribue cette hausse des volumes et du chiffre d’affaires à la décision d’embaucher un troisième commercial en 2023, malgré un contexte qui était déjà défavorable avec le début de la guerre en Ukraine.

Plusieurs ateliers ont été abordés au cours de la plénière le 23 mai : chiffres du groupement, évolution du prix du carburant, outil de communication partagé, assurance flotte…
Crédit photo : Gwenaëlle Ily

De leur côté, les 117 adhérents « France Benniens » résistent également bien à la crise. « Des solutions d’accompagnement ont été mises en place », précise Geneviève Gibiard, secrétaire générale du groupement. Et l’union fait la force. En 10 ans, le chiffre d’affaires moyen des entreprises adhérentes est passé de 6 millions d’euros à 10 millions d’euros.
Malgré la hausse d’activité, la crise des carburants a néanmoins un impact, en particulier sur la trésorerie des entreprises : « L’activité réelle n’augmente pas forcément dans les mêmes proportions, explique Patrice Fontan. Si l’outil d’indexation nous aide à compenser, le bémol reste le décalage dans le temps de ses effets bénéfiques, soit deux ou trois mois après… Nous retrouverons réellement notre souffle en juillet. »

L’échappée belge a été l’occasion pour les adhérents d’échanger et de partager leurs expériences.
Crédit photo : Gwenaëlle Ily

L’un des ateliers proposés pendant le séminaire portait sur la composition du prix du carburant et sur son évolution. Animé par Siplec (E. Leclerc Énergies), il visait à expliquer la logique des augmentations. « Finalement, le problème vient surtout de la spéculation, conclut Patrice Fontan. Les distributeurs ne font qu’appliquer les prix du marché. Ceux qui gagnent énormément d’argent, ce sont surtout les traders et ceux qui spéculent sur les matières premières. Et ça choque beaucoup de monde parce qu’on parle là de profits réalisés sur des crises et parfois même sur des guerres. »
Après une année 2025 difficile pour la société spécialisée dans le transport combiné Transports Labouriaux, dont France Benne est devenu actionnaire majoritaire en juin, la situation semble se stabiliser. « C’est un outil supplémentaire pour France Benne, souligne Patrice Fontan. Quand des clients viennent vers vous pour du rail-route, c’est une solution que nous avons. »

Des chargeurs en peine de camions

Face à la situation économique, les clients commencent à se trouver en difficulté. « Certains voient leurs indexations grimper et se demandent si leur propre activité reste viable », témoigne Christian Colinet (Transports Colinet). Et puis certains chargeurs, en lançant des appels d’offres, essaient systématiquement de réduire les indices d’indexation, obligeant les transporteurs à renégocier. Mais la roue semble commencer à tourner. « Aujourd’hui, les clients ne jouent plus trop avec les renégociations parce qu’ils ont du mal à trouver des camions, précise Chritian Colinet. Certains transporteurs ont d’ailleurs profité de cette période pour faire un gros tri dans leurs relations commerciales. On nous recontacte aujourd’hui sur des lignes qu’on n’arrivait pas à obtenir auparavant, voire qu’on avait perdues, simplement parce que ceux qui les faisaient ne peuvent plus les assurer ! » Mais, entretemps, le transporteur lésé s’est réorganisé ou s’est engagé sur d’autres lignes… « Parfois même, certains clients proposent finalement de payer plus cher parce qu’ils n’ont plus le choix et parce qu’ils préfèrent sécuriser leur activité, » indique Mathurin Castan (sociétés TIT, TAF et TZP).
Au manque de camions s’ajoutent également les difficultés de recrutement. « On entre dans une période où il manque énormément de conducteurs, souligne Odile Benoît (Transports Blondel-Voisin). Pour les moissons, par exemple, certains chargeurs n’auront clairement pas tous les camions espérés ! »

Les enjeux des prochaines années

Entrant dans sa 31e année, France Benne considère trois enjeux pour sa pérennité dans les 10 années à venir. Tout d’abord, la question de la pyramide des âges. « Le secteur vieillit et trouver des repreneurs devient compliqué, fait part Christian Poublan (Bigorre Services. Mais ce n’est pas propre au transport, tous les métiers sont concernés. » D’ici 2030, huit adhérents approchant de la retraite se trouvent sans solution de repreneur. Les reprises entre adhérents ne s’avèrent pas si simples. Plusieurs entreprises du groupement ont été reprises ces dernières années par des ETI, posant la question de maintenir l’adhésion de la société. Mais le groupement continue de recruter, avec de nouveaux adhérents chaque année, dont quatre en 2025 : les Transports Ledet, les Transports Risle, Société Nouvelle Sotral et les Transports Delcroix 45.

Entourant au centre Geneviève Gibiard, secrétaire générale, et Patrice Fontan, président du groupement et président des Transports Fontan, le bureau est composé de Christian Poublan (Bigorre Services), Mathurin Castan (sociétés TIT, TAF et TZP), Odile Benoît (Transports Blondel-Voisin), et Christian Colinet (Transports Colinet).
Crédit photo : Gwenaëlle Ily

L’intelligence artificielle constitue un autre axe à travailler pour la coopérative. Le paysage du transport routier devrait énormément évoluer, avec beaucoup de tâches qui se trouveront transformées. Ces technologies « pourraient beaucoup aider l’aspect RH », estime Odile Voisin, mais elles pourraient aussi « coûter beaucoup plus cher demain, quand elles seront devenues indispensables », redoute Mathurin Castan.
Enfin, France Benne se prépare à un changement de taille puisque la secrétaire générale du groupement Geneviève Gibiard, arrivée en poste en 2014, devrait partir dans 18 mois, impliquant de trouver un successeur.

Le forum des partenaires a été l’occasion d’un moment d’échanges entre fournisseurs de solutions et matériels et adhérents France Benne.
Crédit photo : Gwenaëlle Ily

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