Scania va investir 70 millions d'euros sur son site de production d'Angers pour étendre l'usine dans un nouveau bâtiment et transformer ses lignes d'assemblage en vue de la production de poids lourds électriques.
Le projet a été annoncé le 1er juin 2026 dans le cadre du sommet Choose France par Philippe Tabarot, ministre des Transports, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie. Le site angevin, qui emploie près de 1 500 salariés, est l'un des trois sites industriels du groupe Scania en Europe avec la Suède et les Pays-Bas. Plusieurs centaines d'emplois supplémentaires pourraient être créés selon la montée en charge de la demande.
Un investissement adossé aux aides publiques
L'annonce s'inscrit directement dans le plan d'électrification du gouvernement, dont les aides à l'acquisition ont été portées jusqu'à 100 000 euros pour les tracteurs électriques à compter du 1ᵉʳ juin 2026. La production angevine sera notamment destinée au marché français du TRM, ce qui permettra aux transporteurs acheteurs de bénéficier des bonifications CEE conditionnées à une fabrication dans l'Espace économique européen.
Philippe Tabarot a rappelé à cette occasion l'objectif de 8 000 points de recharge poids lourds d'ici dix ans et l'article 18 du projet de loi-cadre transports, qui vise à faire peser une partie du coût de la transition sur les donneurs d'ordre.
Un signal dans un marché encore marginal
Pour le TRM, l'annonce a une portée symbolique autant qu'industrielle. Les camions électriques ne représentent encore que 2 % des ventes de poids lourds en France, contre 18 % aux Pays-Bas ou 7 % en Allemagne.
En ancrant une partie de sa production électrique à Angers, Scania renforce l'argument de souveraineté industrielle mis en avant ces dernières semaines par la mission flash parlementaire et confirme son engagement sur le marché français, après avoir déjà accueilli les rapporteurs lors d'un déplacement en Suède en mars.
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