Renault Trucks a fait son retour à l'IAA Transportation de Hanovre, sur un stand de 923 m² situé hall 21, avec une double annonce qui résume sa stratégie. D'un côté la première mondiale du T High millésime 2027, équipé d'un nouveau moteur diesel. De l'autre l'élargissement d'une gamme électrique désormais capable de couvrir la longue distance. Le constructeur de Saint-Priest assume ainsi de progresser sur les deux motorisations plutôt que de trancher.
Un bloc diesel unique de 400 à 540 chevaux
Le DE13 R rationalise l'offre thermique des gammes lourdes T, C et K. Ce bloc remplace à lui seul trois motorisations actuelles, le 11 litres, le DE13 et le DE13 Turbo Compound, et couvrira toutes les plages de puissance de 400 à 540 chevaux, pour un couple maximal de 2 800 Nm, alors que l'offre précédente plafonnait à 520 chevaux. Le constructeur annonce une réduction de la consommation et des émissions de CO2 pouvant atteindre 4 % par rapport à la génération précédente, grâce à une architecture qui retrouve le Common Rail et à une optimisation logicielle. Le moteur est associé à une nouvelle boîte Optidriver, aux passages de rapports plus rapides, et à un frein moteur renforcé. La production en série est prévue début 2027.
« Nous avons aplati la courbe de couple. Nous ne parlons plus d'une colline de rendement avec un seul point optimal, mais d'un véritable plateau d'optimum sur une plage de régime très large », explique Renaud Laperrière, responsable Produit Renault Trucks France. L'évolution s'accompagne d'une baisse des émissions sonores de plus de 2 décibels. L'efficacité accrue du frein moteur permet par ailleurs à davantage d'applications de se passer du ralentisseur hydraulique, une option pesant environ 200 kg et facturée près de 6 000 euros.
Une gamme électrique qui couvre la journée de conduite
Sur l'électrique, la tête d'affiche est le E-Tech T 780, dont le nom renvoie à sa capacité de batteries en kilowattheures. Ce tracteur longue distance annonce jusqu'à 660 km d'autonomie, soit une journée réglementaire de conduite sans recharge intermédiaire. Le gain vient d'une nouvelle architecture à essieu électrique, qui déplace les organes de traction vers l'arrière et libère de la place entre les longerons pour loger davantage de batteries.
Pour compenser le poids de ces batteries, Renault Trucks propose une configuration 6x2 équipée d'un essieu supplémentaire de 4,5 tonnes. Grâce aux dérogations de poids accordées aux véhicules électriques, l'ensemble passe à 46 tonnes, l'essieu supplémentaire permettant d'atteindre 47 tonnes de PTRA. La gamme se complète du E-Tech T 540, annoncé à 450 km pour la distribution régionale, et du E-Tech D14 pour la distribution urbaine, doté d'un rayon de braquage inférieur à 7,3 mètres. Sur le segment des hypercentres, la marque déploie également le E-Tech D 12, un porteur de moins de 2,40 mètres de large dont le PTAC de 11,99 tonnes l'affranchit de la taxe à l'essieu.
Le constructeur appuie son argumentaire sur les données de 70 000 tracteurs connectés en Europe. Selon ses propres calculs, 80 % des missions quotidiennes observées seraient compatibles avec sa nouvelle gamme électrique, une proportion qui grimperait à 90 % en intégrant une recharge de 45 minutes en CCS à 350 kW pendant la pause réglementaire. Des chiffres qui restent ceux du constructeur, à rapporter aux configurations réellement exploitées.
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