Selon l'indice Upply Freight Index (UFI) Route France, le prix moyen du transport routier de marchandises pour compte d'autrui s'est établi à 1,740 euro par kilomètre roulé en juillet, en léger repli mais toujours supérieur à son niveau du premier trimestre. Ce recul de 0,6 % en glissement mensuel s'explique surtout par un mécanisme de répercussion retardée : l'indice CNR du gazole professionnel avait chuté de 8,4 % le mois précédent, entraînant un recul de 2,4 % de l'indice CNR Longue Distance Ensemble Articulé. Le repli du prix facturé restant inférieur à celui du carburant, Upply y voit une tendance à l'amélioration des marges, après des trésoreries mises à rude épreuve par la flambée du gazole consécutive au déclenchement du conflit en Iran, le 28 février.
Le soutien public reconduit
L'aide exceptionnelle mise en place par le gouvernement le 19 avril, plafonnée à 60 000 euros par entreprise pour les transporteurs de moins de 1 000 salariés, a été reconduite par un décret du 3 juillet. Upply estime qu'elle commence à porter ses fruits.
Ce mieux se retrouve dans l'enquête de conjoncture de la FNTR portant sur le deuxième trimestre, qui relève une amélioration du moral des dirigeants par rapport à un premier trimestre marqué par la forte hausse des coûts énergétiques. La part des chefs d'entreprise se déclarant insatisfaits de la situation de leur entreprise recule de 78 % à 55 %. La fédération préfère toutefois parler de correction partielle plutôt que de véritable reprise, pointant une demande qui reste fragile et des marges sous pression. L'indice Insee du climat des affaires dans le transport routier de marchandises confirme cette lecture prudente : après un point bas à 91,1 en avril, il remonte à 99,4 en juillet, un niveau qui reste en deçà de sa moyenne de longue période.
Le marché spot tiré par la sécheresse du Rhin
Le baromètre distingue deux dynamiques. L'indice contractuel poursuit sa baisse, avec un recul de 1 % en juillet, inférieur là aussi à la chute du gazole du mois précédent. L'indice spot, lui, s'est stabilisé à un niveau élevé, tiré par un report de trafic depuis l'Allemagne : la sécheresse qui frappe l'Europe paralyse la navigation sur le Rhin, poussant les autorités allemandes à assouplir les interdictions de circulation des poids lourds le dimanche et les jours fériés, et la Deutsche Bahn à réactiver de vieux wagons de marchandises. Des mesures qu'Upply juge insuffisantes face à l'ampleur du trafic fluvial habituellement écoulé par le Rhin.
Une trêve jugée fragile
Pour août, Upply anticipe une reprise de la hausse des coûts, en répercussion des prix énergétiques de juillet. Le cabinet relève que le protocole d'accord signé le 17 juin entre les États-Unis et l'Iran, qui avait fait espérer une désescalade, n'a pas empêché une reprise des hostilités et un nouveau renchérissement du carburant. S'y ajoutent des coûts structurels liés à l'adaptation du matériel aux épisodes de canicule, pneumatiques et systèmes de refroidissement notamment, ainsi qu'aux tournées nocturnes désormais nécessaires pour certaines livraisons sensibles.
Combinant une demande jugée stable ou en léger recul et des coûts orientés à la hausse, le cabinet qualifie la situation de stagflationniste pour le secteur et n'exclut pas une multiplication des dépôts de bilan au second semestre.
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