Le CNR vient de publier un tout nouvel index spécifique au B100 livré en cuve pour la France continentale. Qu'est-ce que cela va changer pour la profession ?
C'est une avancée majeure en termes de transparence. Jusqu'à présent, le prix du B100 était contractuellement calqué et indexé sur le prix du gazole, car il n'existait aucune autre référence sur le marché. C'était le seul moyen pour les transporteurs de suivre leur compétitivité et d'ajuster leur pied de facture. Ce nouvel index CNR B100, qui commence à intégrer un historique [démarrage en septembre 2025], va permettre d'apporter de la clarté. À terme, il pourrait faciliter une indexation déconnectée du gazole. Pour que cela se généralise, il faudra maintenant que toute la chaîne suive : le chargeur doit accepter cette nouvelle référence qui devra être représentative dans le pied de facture pour que le transporteur puisse la répercuter sans prendre de risque financier.
Comment analysez-vous le marché des immatriculations en B100 exclusif et les volumes de consommation, avant et après la crise iranienne ?
Ces deux dernières années, notre croissance reposait principalement sur des clients déjà convaincus qui, lors du renouvellement de leur flotte, remplaçaient un véhicule diesel par un véhicule B100. Les camions en B100 exclusif ont connu une vague très forte d'immatriculations en 2024-2025 suivi d’une baisse début 2026, car cette motorisation a subi le contrecoup des incertitudes nées des discussions autour du Projet de Loi de Finances (PLF). Ces débats ont poussé certains acteurs à arbitrer en faveur d'une immatriculation en B100 flexible (confortant l'option de secours), plutôt qu'en B100 exclusif, ce qui n’a pas eu d’incidence en revanche sur nos volumes qui ont continué de croître. Et depuis le début de l'année, nous observons un rééquilibrage très net : ce sont désormais de nouveaux transporteurs, historiquement fidèles au gazole, qui viennent vers nous pour intégrer le B100. Nous enregistrons une croissance supérieure à 10 % en volume sur cet exercice.
Comment réagissent votre grille tarifaire, et vos marges, face à la volatilité des cours ?
Lorsque le gazole augmente, l'ensemble de nos coûts de production augmente également, ce qui exclut toute idée de "sur-marge" de notre part. D'ailleurs, notre modèle est particulier : Oleo100 appartient au groupe Avril, une structure détenue par les agriculteurs où aucun dividende n'est versé. L'intégralité des résultats est réinvestie dans l'outil industriel ou redistribuée aux producteurs via le prix d'achat de la graine. Même si les cours se détendent un peu en ce mois de juin, nous restons prudents. Les marchés surréagissent à la moindre annonce géopolitique alors que la réorganisation des flux logistiques mondiaux prend du temps. Nous ne reviendrons pas immédiatement aux prix d'avant-crise.