Les histoires d’amour finissent mal, en général. Le rapprochement avorté entre Iveco Group et le néoconstructeur américain Nikola Corporation continue de produire des effets collatéraux. Mi-janvier, le constructeur italien a déposé une opposition formelle devant le tribunal des faillites du Delaware afin de contester la cession d’un brevet stratégique d’essieu électrique (e-axle) dans le cadre de la liquidation de Nikola. La technologie figure parmi les actifs repris par Hyroad Energy lors de la vente des activités résiduelles de l’entreprise américaine, placée sous procédure de faillite en 2025. Iveco soutient toutefois que la propriété intellectuelle concernée relève d’accords antérieurs conclus avec sa filiale FPT Industrial, laquelle aurait pris en charge, depuis 2022, les frais de maintien et de protection des brevets associés.
L’e-axle, un composant central des chaînes de traction électriques
Selon le groupe italien, l’intégration de cet actif dans le périmètre de la vente n’aurait pas tenu compte de ces droits, ce qui remettrait en cause la validité du transfert. L’enjeu dépasse le seul contentieux patrimonial : l’e-axle constitue un composant central des chaînes de traction électriques pour poids lourds, segment sur lequel Iveco et Nikola avaient coopéré au début des années 2020 au sein d’une joint-venture industrielle. À ce stade, aucune décision définitive n’a été rendue par la juridiction américaine. L’issue de la procédure déterminera la répartition effective de cette technologie.