Carburant : les transporteurs chiffrent l'écart entre le surcoût et les aides

Selon une enquête flash de l'Union TLF menée en septembre auprès de 80 entreprises, un transporteur a supporté environ 8 700 euros de surcoût par véhicule depuis mars, pour au mieux 1 000 euros d'aide. La fédération alerte aussi sur la contestation croissante de l'indexation gazole par les donneurs d'ordres.

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Selon une enquête flash de l'Union TLF menée en septembre auprès de 80 entreprises, un transporteur a supporté environ 8 700 euros de surcoût par véhicule depuis mars, pour au mieux 1 000 euros d'aide. La fédération alerte aussi sur la contestation croissante de l'indexation gazole par les donneurs d'ordres.

L'Union TLF a interrogé ses adhérents du 11 au 21 septembre sur les effets de la hausse du gazole. Quatre-vingts entreprises ont répondu, représentant plus de 9 300 salariés et 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Le constat porte sur deux fronts, celui du niveau des aides publiques et celui de l'application du mécanisme légal de répercussion.

Sur le premier, la fédération met en regard deux montants. Le diesel professionnel a augmenté de 50 % depuis le début de la crise au Moyen-Orient, et un transporteur a dû absorber un surcoût cumulé d'environ 8 700 euros par véhicule entre mars et septembre, quand il a touché au mieux 1 000 euros d'aide pour ce même véhicule. Un écart qui éclaire la réaction des fédérations lorsque le gouvernement a exclu le transport routier de la reconduction du soutien carburant début septembre.

L'indexation de plus en plus contestée

Le second front est contractuel. Le mécanisme légal d'indexation du prix du transport sur celui du gazole reste, pour l'Union TLF, le premier rempart des entreprises. Dans l'ensemble, 73 % des dirigeants interrogés estiment le répercuter convenablement. Mais la proportion tombe à une entreprise sur deux chez les moins de dix salariés, soit précisément le profil majoritaire du pavillon français.

Surtout, la pression des donneurs d'ordres s'accentue. Ils sont 45 % à déclarer que des clients ont voulu contester l'indexation, contre 33 % en mars, et 46 % constatent une pression accrue sur les prix spot. Les délais de paiement se dégradent en parallèle : 48 % signalent un allongement, contre 25 % six mois plus tôt. Seuls 16 % des transporteurs estiment être payés dans le délai légal de trente jours, contre 23 % en mars, tandis que 29 % déclarent être réglés à 45 jours ou plus, contre 15 % auparavant.

Un lien direct avec le risque de défaillance

L'enquête établit une corrélation entre la capacité à répercuter et la solidité financière. Parmi les transporteurs qui estiment ne pas appliquer convenablement l'indexation, 73 % jugent leur risque de cessation de paiement modéré ou élevé, contre 36 % de ceux qui considèrent l'appliquer correctement.

La fédération en tire deux demandes. D'abord sanctuariser et faire appliquer strictement le cadre légal de l'indexation gazole ainsi que les délais de paiement. Ensuite alléger le poids fiscal du secteur, à commencer par la fiscalité du carburant, plus élevée en France que la moyenne communautaire. Une position constante de l'Union TLF, qui plaidait déjà pour une baisse durable de la taxation plutôt que pour des aides ponctuelles au moment de l'annonce gouvernementale du 3 septembre.

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