Stratégie / Ekleo (37) : une flotte électrique en pleine montée en puissance

À début 2026, la flotte électrique comprend 5 tracteurs (4 Mercedes et 1 Volvo) et 4 porteurs (Scania, Volvo et Mercedes).

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En misant sur les camions électriques, les Transports Ekleo souhaitent réaliser 50 % de leurs kilomètres en zéro émission d’ici 2030. Même si la rentabilité de l’opération n’est pas encore trouvée, cette PME considère qu’elle se positionne avec 5 ans d’avance sur le marché à venir. [Article paru dans notre numéro de février 2026]

Les Transports Ekleo accélèrent sur l’électrique. « Aujourd’hui, nous avons reçu trois nouveaux camions électriques fin décembre pour un total de neuf », précise Kevin Lenoir, dirigeant de l’entreprise et lauréat d’une palme du transport au concours du Transporteur de l’année 2025. Les Transports Ekleo comptent 80 salariés (dont 55 conducteurs) et possèdent donc depuis fin 2025 9 camions électriques (4 porteurs et 5 tracteurs) sur une flotte de 45 véhicules. Cette entreprise de Montlouis-sur-Loire (37), anciennement Transports Moisy, a été reprise en 2022 par Kévin Lenoir avant d’être rebaptisée un an plus tard. Ekleo, intégrée au réseau Evolutrans, concentre l’essentiel de son activité sur deux métiers : la distribution régionale, qui représente 48 % du chiffre d’affaires sur les départements 37 et 41, et le groupage national, qui pèse 50 %, sans recours à l’affrètement hors réseau Volupal. La logistique complète l’ensemble avec 7 500 m² d’entreposage à Montlouis-sur-Loire (37), générant 12 % du chiffre d’affaires (CA total de 12 millions en 2024).

La flotte électrique comprend 5 tracteurs (4 Mercedes et 1 Volvo) et 4 porteurs (Scania, Volvo et Mercedes). Ces derniers assurent des tournées quotidiennes de proximité : « Ils font entre 200 et 300 km par jour. » Les tracteurs, eux, sont engagés sur des missions plus longues. « Ils tournent en double poste, jour et nuit. Ils parcourent généralement entre 500 et 800 km quotidiennement. »

Cette expérience nourrit un objectif stratégique ambitieux : « En 2030, nous voulons que 50 % de nos kilomètres soient réalisés en zéro émission. Début janvier, une fois les neuf véhicules en service, nous serons déjà entre 15 et 18 %. On est plutôt en avance sur notre plan. », lance Kevin Lenoir. Si le financement reste classique, avec un achat en crédit-bail sur 5 à 7 ans comme les véhicules thermiques, l’équation économique diffère fortement : « Ce sont des véhicules très chers à l’achat et moins coûteux à l’utilisation. Il faut donc les faire rouler le plus possible, mais ils ont des limites d’autonomie. Aujourd’hui, nous n’arrive pas encore à rendre l’équation purement rentable. » Pour l’entreprise, cet investissement répond à d’autres logiques : « Il y a les demandes clients, la volonté de décarboner notre métier, et la nécessité d’être prêts pour les réglementations qui arrivent. » Avec le recul, Ekleo constate une montée en compétence progressive : « On travaille beaucoup mieux depuis que l’on a commencé en 2020. Il y a un effet d’expérience. Finalement, l’exploitation de camions électriques constitue aussi notre budget recherche-innovation et marketing. »

Kévin Lenoir, dirigeant des Transports Ekleo.
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Clients engagés et nouvelles conquêtes

La dynamique commerciale confirme heureusement ces choix. « Nous avons des clients pour lesquels nous exploitons des véhicules électriques dédiés, rémunérés comme une solution décarbonée. Et nous décarbonons aussi nos prestations internes, par exemple sur Volupal. » Kevin Lenoir admet que toutes les opérations ne sont pas financées par des clients : « L’objectif est aussi de décarboner ce que nous produisons nous-mêmes. Cela fait partie de notre offre. Quand un client choisit Ekleo, il sait qu’il y a du décarboné inclus dans son tarif. » Mais le choix d’une motorisation électrique ouvre également de nouveaux marchés. « Nous sommes entrés chez un grand acteur de la cosmétique uniquement parce que nous étions équipés de camions électriques. Même chose avec un équipementier automobile. Sans l’électrique, ces marchés-là ne nous auraient jamais été accessibles. » Surtout, aucun client ne manifeste d’indifférence. « Parmi nos 400 clients facturés par mois, aucun ne nous dit que cela ne l’intéresse pas. Au contraire : le critère RSE, et surtout la décarbonation, montent année après année. Nous avons même vu un appel d’offres où cinq pages sur neuf étaient consacrées au sujet. Aujourd’hui, répondre à cet enjeu n’est plus un plus : c’est le minimum pour passer la première sélection. »

Ekleo revendique cinq ans d’avance. « Nous avons choisi d’anticiper volontairement plutôt que de subir le jour où la loi s’imposera. » L’entreprise estime que cette avance est déterminante : « Il y a un effet d’expérience et de compétences qui doit se construire. Cela ne s’improvise pas. » Les clients qui choisissent l’électrique s’engagent également. « Les durées de contrat ou les organisations peuvent être ajustées pour tenir compte des contraintes d’exploitation de l’électrique. Leur engagement n’est pas toujours monétaire, mais on trouve un modèle qui correspond aux besoins. »

Recharge : 95 % effectuée sur site

La recharge s’effectue à 95 % sur le site d’Ekleo, qui dispose de 4 bornes de charge classiques et deux superbornes. « Les derniers modèles de camion, comme l’eActros 600 de Mercedes, peuvent se recharger en 45 minutes à 1 heure, ce qui correspond à la coupure réglementaire du conducteur. » Les 5 % de recharge restantes sont effectuées sur les stations partenaires EnerJump ou AS24 pour des flux cadencés où la boucle n’est pas sécurisée autrement. La disponibilité des bornes extérieures n’est pas encore un enjeu. « Aujourd’hui, il n’y a aucun problème de place. Les camions électriques ne prennent pas encore le grand large. Comme nous, la plupart tournent autour de leur station de charge. » Côté énergie, Ekleo a appris dès 2023 à optimiser l’achat d’électricité en identifiant les plages horaires les moins coûteuses et les moments où le réseau dispose d’un surplus d’énergie (les solutions de type Dreev n’étaient pas encore disponibles). La stratégie repose sur le pilotage différé des charges et l’ajustement avec l’organisation des tournées. En été, par exemple, une tournée est calée pour permettre une recharge sur l’électricité solaire, moins chère entre midi et deux. La charge lente nocturne n’est pas forcément la plus économique, les prix variant fortement selon les heures.

Repères

Siège : Montlouis-sur-Loire (37)
Effectif : 80 collaborateurs, dont 55 chauffeurs
Parc : 45 camions, dont 9 électriques
Chiffre d’affaires (2024) : 12 M€
Activités : groupage, distribution

 

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