Le ministère des Transports a publié le 17 avril sa stratégie d'électrification du réseau routier national à horizon 2035, dans le prolongement des annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu le 10 avril. Pour le transport routier de marchandises, le plan prévoit le déploiement de 8 000 points de recharge dédiés aux poids lourds, répartis sur près de 560 aires de repos et de service. Le dispositif combine trois typologies de bornes : recharge rapide de 400 kW permettant une recharge en environ 45 minutes, recharge ultra-rapide de plus de 800 kW assurant une recharge autour de 20 minutes, et recharge adaptée aux stationnements de longue durée d'environ 100 kW. La puissance électrique disponible pour les poids lourds sur les aires sera portée à environ 1,6 GW à horizon 2035.
Le ministère rappelle que le TRM représente 90 % du fret en France et qualifie ce déploiement d'« étape décisive pour la décarbonation » du secteur. Le réseau routier national, qui ne totalise que 2 % du linéaire routier mais concentre un tiers du trafic et l'essentiel des trajets longue distance, est ciblé en priorité pour sécuriser les itinéraires des professionnels du transport. Les aires retenues ont été sélectionnées pour mailler l'ensemble des grands axes, en priorisant les points les plus fréquentés.
Un maillage progressif et une exigence de qualité de service
Le schéma, élaboré en concertation avec les directions interdépartementales des routes, les sociétés d'autoroutes, les gestionnaires de réseaux électriques et les opérateurs de recharge, fixe des jalons aux horizons 2027, 2030 et 2035. Le ministère prévoit l'anticipation des travaux d'adaptation du réseau électrique et le réaménagement des aires de repos et de services concernés. Le réseau national ne compte aujourd'hui qu'une offre embryonnaire dédiée aux poids lourds, alors même que les immatriculations de PL électriques ne représentent que 2,5 % du marché, comme le pointe régulièrement les organisations professionnelles.
Le plan s'accompagne d'exigences en matière de qualité de service : interopérabilité des stations, affichage du tarif au kilowattheure et paiement par carte bancaire garanti, des points particulièrement attendus par les transporteurs confrontés à la diversité actuelle des systèmes de paiement sur les bornes européennes. Philippe Tabarot revendique l'ambition de positionner la France « parmi les pays en Europe les plus avancés en matière de bornes de recharge pour les longs trajets ». Les modalités de financement, le calendrier précis par corridor et la sélection des opérateurs n'ont pas été détaillés à ce stade. Le plan concerne également 22 000 points de recharge rapides pour les véhicules légers, que le ministère prévoit de déployer sur près de 900 aires.
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