Le Power to Go Further Tour organisé par Milence a pris son départ le 15 avril à Paris pour rejoindre Berlin en neuf jours, entièrement en camions électriques. La coentreprise entre Daimler Truck, Traton et le groupe Volvo (qui regroupe Volvo Trucks et Renault Trucks) s'appuie sur son propre réseau de stations haute puissance : Saint-Witz (France), Gand et Maasmechelen (Belgique), Zwolle (Pays-Bas), puis Mogendorf, Kassel-Lohfelden et Vockerode (Allemagne). Six de ces hubs sont cofinancés par l'Union européenne via le dispositif Alternative Fuels Infrastructure Facility (AFIF). D'autres camions, opérés par de grandes entreprises de transport, rejoindront le convoi au fil du parcours.
Camion électrique compétitif, indique Milence
Milence positionne le camion électrique comme désormais compétitif face au diesel sur les grands axes : coûts d'exploitation estimés à 0,995 € par kilomètre contre environ 1,00 € pour le diesel, sur la base d'un trajet effectué à 97,5 % sur routes à péage et intégrant la future taxe poids lourds néerlandaise prévue en juillet 2026. Jusqu'à 1 470 kg de CO2 peuvent être évités lorsque l'électricité est d'origine renouvelable. La coentreprise compte 33 stations opérationnelles dans huit pays, avec des corridors déjà structurés sur Paris-Amsterdam, Barcelone-Lyon-Paris, Anvers-Stockholm et Berlin-Stuttgart. La technologie Megawatt Charging System (MCS), déjà déployée à Anvers, Zwolle et Landvetter (Suède), permet de réduire significativement les temps de recharge.
Un diagnostic partagé : passer à l'échelle
Au départ du convoi, une conférence de presse a réuni Milence et des acteurs du secteur comme TLF et l'AVME, autour d'un constat commun : le camion électrique est sorti de sa phase expérimentale, mais le déploiement reste inégal selon les pays. Les poids lourds électriques ne représentent que 2,5 % du marché, alors que l'objectif évoqué vise 200 000 unités en circulation en Europe en 2030. Anja van Niersen, PDG de Milence, comme Achim Puchert, PDG de Mercedes-Benz Trucks, ont souligné que les véhicules et les services étaient prêts, et que l'enjeu porte désormais sur l'extension des corridors transfrontaliers et l'harmonisation des cadres réglementaires.
Anticiper les besoins du réseau
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d'anticiper les besoins du réseau, et promettent une nouvelle étude cette année, menée avec les fédérations, sur la recharge en itinérance. TLF a plaidé pour un accompagnement renforcé des infrastructures capables d'absorber la montée en puissance. L'AVEM, via les programmes CEE et ADVENIR pour les bornes de dépôt, a rappelé avoir orienté ses dispositifs vers les TPE-PME, avec un nouveau palier franchi grâce aux annonces du 10 avril.