Cette fois, la menace de suppression des zones à faibles émissions (ZFE) semble se confirmer. Après son intégration, en juin dernier, au projet de loi de simplification de la vie économique, sur une initiative du parti Les Républicains (LR) et du Rassemblement national (RN), des députés et sénateurs réunis en commission mixte paritaire se sont accordés le 20 janvier sur le maintien de cette mesure et, donc, pour une suppression de ce dispositif qui restreint la circulation des véhicules les plus polluants dans les centres-villes. L’ultime vote sur le texte du Projet de loi de simplification qui aura lieu le 27 janvier à l’Assemblée puis au Sénat viendra confirmer, ou non, les conclusions de la CMP, et donc la suppression des ZFE. À noter qu’une fois le texte adopté, le Conseil constitutionnel pourra encore être saisi.
Un levier dans le transport
Les ZFE ne sont donc pas encore enterrées mais, dans les 25 villes où elles sont déjà actives en France comme Paris, Lyon, Grenoble ou Strasbourg, et dans de nombreuses villes d’Europe, elles soient fortement remises en cause. Cela peut-il marquer un retour en arrière pour les transporteurs qui ont beaucoup investi dans la transition énergétique ?
« Au démarrage, la perspective de mise en place des ZFE a certainement été un vrai levier pour nous inciter au changement d’organisation et de motorisation, en ville en particulier », pointe Tariel Chamerois, président de la commission développement durable de l’union TLF. Le président, également directeur du développement durable chez Schenker France, relève ainsi que 70 % des 1200 véhicules du parc de son groupe sont bas carbone (biogaz, HVO, B100, électrique et cyclo logistique).
D'autres leviers réglementaires
Il estime essentiel de continuer à se préoccuper de la santé publique et de la pollution aux particules et au CO2, mais conclut que « si le sujet des ZFE est gelé, il y aura d’autres leviers réglementaires, comme l’obligation de verdissement des flottes, au niveau européen, par exemple, pour aborder le sujet et progresser encore dans la transition ».