L’Officiel des transporteurs : Quel bilan tirez-vous de la semaine des métiers du transport et de la logistique qui s’est achevée le 19 juin ?
Samir Bendjilali : La semaine confirme une tendance déjà observée ces dernières années : le métier conserve une capacité d’attraction, y compris auprès des jeunes générations malgré un contexte d’activité en recul. Il n’y a pas eu de changement majeur par rapport aux éditions précédentes mais l’intérêt pour ces métiers demeure réel.
Sur le terrain, certaines opérations ont permis d’identifier des candidats orientables rapidement vers des parcours de formation. C’est un point clé car au-delà du volume de candidatures, l’enjeu consiste à transformer cet intérêt en compétences opérationnelles. Enfin, la hausse du nombre de postes proposés cette année (9 800 contre 7 000 en 2025) est un signal encourageant pour le secteur.
Le secteur fait face à un double défi démographique et technologique. Comment y répondre ?
S.B. : La réponse passe d’abord par la formation. Les centres partenaires intègrent désormais les enjeux liés à la transition énergétique dès l’apprentissage du métier. Conduire un véhicule électrique ou hybride implique de nouvelles pratiques, notamment en matière d’écoconduite et de gestion de l’énergie. L’accompagnement des entreprises repose aussi sur l’anticipation des départs à la retraite, qui restent massifs. Il s’agit de renouveler les effectifs tout en transmettant les savoir-faire et en intégrant progressivement les nouvelles compétences liées aux technologies embarquées.
Quelles compétences sont aujourd’hui les plus recherchées chez les conducteurs ?
S.B. : Au-delà des compétences techniques, les entreprises recherchent avant tout des savoir-être : motivation, sens du service et capacité à représenter l’image de l’entreprise. Le conducteur est souvent le premier point de contact avec le client, notamment dans la distribution.
Sur le plan technique, l’évolution des motorisations impose une adaptation rapide. Les nouvelles générations s’approprient plus facilement ces outils tandis que l’écoconduite, la maîtrise des systèmes électroniques et la gestion de l’autonomie deviennent incontournables.
Malgré des milliers de postes ouverts, pourquoi les recrutements restent-ils compliqués ? Quels leviers activer ?
S.B. : Plusieurs leviers existent déjà : formation, accompagnement des candidats, amélioration des conditions d’accueil... L’implication des employeurs dès les phases de formation favorise l’insertion durable. Cependant, la question de la rémunération reste centrale. Les évolutions récentes du marché, avec des missions plus courtes et moins d’heures, fragilisent l’attractivité du métier. À cela s’ajoutent des enjeux de sécurité et de conditions de travail, devenus déterminants pour les candidats.