Daimler Truck pourrait s'exposer à environ un milliard d'euros de pénalités s'il n'atteint pas ses objectifs européens de réduction des émissions de CO2 en 2030. Le chiffre a été avancé le 7 août par sa présidente, Karin Rådström, dans un entretien à Bloomberg. Elle évalue à environ 120 millions d'euros le coût de chaque point de pourcentage manquant, et estime que le constructeur suit une trajectoire en retard de 10 à 15 % sur son objectif.
Le règlement européen impose une réduction de 45 % des émissions des véhicules lourds neufs d'ici 2030 par rapport à 2019, puis de 65 % en 2035 et de 90 % en 2040.
Karin Rådström préside par ailleurs, depuis le 1er janvier 2026, le comité véhicules industriels de l'ACEA, l'association européenne des constructeurs. Cette instance réunit les dirigeants de DAF, Daimler Truck, Ford Trucks, Iveco, MAN, Scania et Volvo, et définit les positions communes du secteur. Son prédécesseur, Christian Levin, alors président de Traton et de Scania, avait formulé des alertes comparables dès juin 2025.
Un assouplissement obtenu en mars
Les constructeurs ont déjà obtenu un aménagement. Le 12 mars 2026, le Parlement européen a adopté une modification du système de crédits d'émissions pour la période 2025-2029. Les objectifs chiffrés restent inchangés, mais les constructeurs peuvent désormais accumuler des crédits lorsqu'ils dépassent la trajectoire, puis les reporter pour compenser un retard éventuel en 2030.
Une révision du règlement réclamée
L'ACEA demande d'accélérer la révision du règlement CO2, attendue en 2027. Dans son entretien à dpa, Karin Rådström plaidait pour un examen qu'elle qualifiait de test de réalité, et pour un alignement des obligations des constructeurs sur le déploiement effectif des infrastructures. Elle précisait toutefois qu'il était encore trop tôt selon elle pour affirmer que les objectifs doivent être modifiés.
Un autre point de discussion porte sur la méthode de calcul, fondée sur les seules émissions à l'échappement. Elle exclut de fait le bioGNV et les autres biocarburants, dont les immatriculations reculent nettement en France sur le segment des poids lourds.
Pour améliorer leur mix d'émissions, les constructeurs peuvent ajuster leurs volumes de vente entre motorisations, faire évoluer leur tarification ou modifier leur gamme. Autant de décisions qui pèsent sur la disponibilité et le prix des véhicules neufs.