La chute de la filiale française du groupe belge Ziegler, fondé en 1908 et présent dans 16 pays, constitue l'une des plus importantes défaillances du transport routier de marchandises de ces dernières années. Placée en redressement judiciaire le 2 mars, l'entreprise n'a trouvé aucun repreneur en moins d'un mois. Elle invoquait une dégradation de sa rentabilité liée à la hausse des coûts de l'énergie, la perte de contrats majeurs et l'impossibilité de trouver des solutions de financement. Son résultat d'exploitation était passé d'un excédent de 10 millions d'euros à une perte de 6 millions en 2025, pour un chiffre d'affaires de 445 millions d'euros.
Des TPE-PME menacées de faillite en cascade
Dans un communiqué publié ce 2 avril, l'OTRE pointe les conséquences directes pour les sous-traitants, principalement des TPE et PME, qui assuraient des prestations quotidiennes pour le compte du groupe. Ces entreprises font face à des créances impayées représentant parfois plusieurs mois de chiffre d'affaires, sans lesquels elles ne peuvent plus honorer les salaires, les crédits et les charges d'exploitation. L'organisation demande que les factures dues aux transporteurs sous-traitants soient traitées en priorité dans le cadre de la procédure de liquidation.
Le timing rend la situation encore plus explosive : la liquidation de Ziegler intervient en pleine crise énergétique, alors que les indices CNR affichent une hausse de 28 % du gazole professionnel en un mois et que le secteur enregistre 5 000 défaillances d'entreprises sur les deux dernières années selon l'OTRE. Deux filiales du groupe, Ziegler Services et Dornach, employant 110 salariés, ont toutefois obtenu un sursis jusqu'au 28 avril pour examiner d'éventuelles offres de reprise.
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