Le marché du poids lourd devrait repartir en 2026

Arnaud Villéger, directeur de l’OVI.

Crédit photo Grégoire Hamon
Le climat d’incertitude économique et politique qui pèse sur l’activité du TRM a entrainé un coup de frein généralisé sur les immatriculations de camions en 2025. Les carnets de commandes pour le premier semestre 2026 affichent pourtant des signes de reprise, indique l'OVI.

La conférence annuelle 2026 de l’Observatoire du Véhicule Industriel (OVI) de BNP Paribas Artegy s’est tenue dans un contexte économique et politique marqué par une forte instabilité. Trois gouvernements et deux Premiers ministres en une seule année ont nourri un climat d’incertitude, qui pèse sur l’activité économique. La confiance des ménages demeure à un niveau bas, pesant directement sur la consommation, la distribution et, par effet de chaîne, sur le transport. Dans le même temps, l’inflation est désormais contenue et certains coûts, notamment dans la construction, se détendent après le pic de 2023. L’environnement économique de 2025 et 2026 apparaît ainsi contrasté, mêlant signaux de stabilisation et facteurs de fragilité.

2025 : un coup de frein généralisé en Europe et en France

À l’échelle européenne, les immatriculations de véhicules industriels de 3,5 tonnes et plus ont reculé de -10,3 % sur les trois premiers trimestres 2025. Seule la Pologne affiche un rebond (+3,4%). En France, le repli est également marqué. Le marché des véhicules industriels de plus de 5 tonnes passe de 48 486 unités en 2024 à 44 119 en 2025, soit une baisse de -9,9 %. Les porteurs totalisent 21 249 immatriculations (-9,5 %) et les tracteurs 22 870 unités (-10,3 %). L’année a toutefois été atypique : très dégradée au premier semestre, elle s’est nettement redressée au second, avec un mois de décembre en hausse de +20,3 %, à 4 428 immatriculations, dont 166 camions électriques, représentant 4,2 % du marché mensuel. Le marché des VUL n’a pas été épargné. Sur les onze premiers mois de 2025, les immatriculations reculent de -6,6 %, à 356 677 unités, confirmant la fin du haut plateau observé entre 2018 et 2023 autour de 400 000 véhicules annuels. En 2025, le diesel demeure largement dominant avec 89 % des immatriculations de véhicules industriels. La proportion est inchangée par rapport à 2024. « Les énergies alternatives n’ont pas cannibalisé le gazole et se sont battues entre elles », note Arnaud Villéger, directeur de l’OVI, avec une progression en fin d’année de l’électrique (2,1 % des immatriculations) et du gaz (3,3%) au détriment du B100 (5,2%). Le parc de poids lourds électriques a doublé en 2025 pour atteindre près de 2 000 unités, avec 931 camions immatriculés l’an passé, portés par la montée en puissance des certificats d’économies d’énergie (CEE).

Stabilité fragile et attentisme

Dans le transport routier de marchandises, 50 % des dirigeants déclarent une demande insuffisante, en lien avec la baisse de la consommation, notamment dans la grande distribution. L’activité reste globalement stable (-0,1 % en tonnes transportées), mais sur un plateau jugé fragile. Le climat des affaires et les situations de trésorerie restent très dégradés, limitant les embauches, le renouvellement de flotte et les investissements, avec pour conséquence un vieillissement du parc et une hausse des coûts de maintenance. L’OVI souligne toutefois la reprise des projets d’investissement, comme si deux mondes du transport se côtoyaient : « l’un sous contrainte et pression financière, et l’autre continuant d’investir au son du canon ou rachètant ses confrères dans un mouvement de concentration », souligne Arnaud Villéger.

2026 : fin de la baisse et inflexion attendue

Pour 2026, l’OVI anticipe un renversement de tendance, avec un marché des immatriculations compris entre 0 % et +5 %. En effet, les carnets de commandes de tracteurs progressent de +24,2 %, ceux des porteurs de +5,3 %, tandis que les commandes de VUL augmentent de +8,6 %. La normalisation des délais de livraison (92 jours) permettra de transformer ces commandes en immatriculations dès 2026. Le nombre de camions électriques immatriculés pourrait pour sa part progresser de 30 à 40 % pour atteindre environ 1250 véhicules.

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