Hyundai déroule ses arguments pour l'hydrogène dans le transport lourd

À Lyon, le 7 juillet 2026, une matinée dédiée à la mobilité hydrogène a réuni Hyundai Hydrogen Mobility, l'opérateur de stations HYmpulsion et plusieurs transporteurs. Déploiement de stations, retours d'expérience et présentation d'un nouveau camion à pile à combustible à l'appui, les intervenants ont défendu l'idée que l'hydrogène est déjà une composante opérationnelle de la décarbonation du transport lourd.

Crédit photo Hyundai
À Lyon, le 7 juillet 2026, une matinée dédiée à la mobilité hydrogène a réuni Hyundai Hydrogen Mobility, l'opérateur de stations Impulsion et plusieurs transporteurs. Déploiement de stations, retours d'expérience et présentation d'un nouveau camion à pile à combustible à l'appui, les intervenants ont défendu l'idée que l'hydrogène est déjà une composante opérationnelle de la décarbonation du transport lourd. 

Le fil conducteur tient en une idée : l'hydrogène ne prétend pas remplacer les autres énergies mais compléter le mix, sur les usages les plus intensifs, là où le véhicule à batteries atteint ses limites de charge utile ou de temps de recharge. C'est le créneau revendiqué, entre transport frigorifique en double équipe, chantiers du bâtiment et collecte des ordures ménagères.


L'infrastructure constitue le premier maillon. En Auvergne-Rhône-Alpes, HYmpulsion, société de projet réunissant la région, Michelin, Engie, la Banque des Territoires et le Crédit Agricole, revendique une douzaine de stations ouvertes dans le cadre du plan Zero Emission Valley, qui vise une vingtaine d'implantations. Ses premiers clients seront deux autocars de l'aéroport de Lyon, attendus en septembre, et une société de taxis, l'opérateur espérant l'arrivée prochaine de transporteurs. En France, plusieurs bassins hydrogène se dessinent, du Haut-Rhin à l'Occitanie, en passant par la Vendée et l'Île-de-France.

Hyundai, un pari ancien sur la pile à combustible


Sur ce socle, Hyundai avance ses arguments industriels. Son histoire dans la pile à combustible remonte à 1998, avant une première voiture de série en 2013, puis un premier camion et un premier bus de série en 2020. Le groupe dit vouloir être un acteur de la production, de la distribution et de la mobilité hydrogène. Ses camions ont franchi début 2026 le cap des 20 millions de kilomètres parcourus en Europe, avec 165 véhicules répartis dans cinq pays. Le constructeur entend élargir sa gamme européenne à partir de 2029 avec un tracteur, en complément du porteur. Il s'appuie aussi sur un réseau après-vente européen de plus de 130 techniciens formés.

Un camion pensé pour ne rien changer aux usages


Présenté par Nicolas Cottin, le nouveau XCIENT Fuel Cell se veut le seul poids lourd de plus de 16 tonnes à pile à combustible assemblé en série. Produit en Corée du Sud, il dispose d'un certificat de conformité européen et de composants européens. Strictement zéro émission, puisqu'il ne rejette que de l'eau, il annonce une autonomie de l'ordre de 400 kilomètres et un avitaillement en une quinzaine de minutes pour 31 kilos d'hydrogène à 350 bars. Hyundai insiste sur l'absence de compromis sur la charge utile, équivalente à celle d'un diesel et supérieure de trois à cinq tonnes à celle d'un véhicule à batteries de même autonomie. Décliné en deux silhouettes, le véhicule se prête à de nombreuses carrosseries, du caisson au frigorifique, en passant par les caisses mobiles, le plateau grue, la benne à ordures ménagères ou l'Ampliroll.

Au-delà du véhicule, Hyundai met en avant un accompagnement de bout en bout, de la configuration du châssis au carrossage, de l'orientation vers les aides disponibles au service après-vente local. La sécurité des réservoirs de type IV est mise en avant, avec coupure automatique de l'alimentation en cas de choc ou de basculement.

Des retours d'exploitation convergents


Les utilisateurs présents ont livré des retours globalement positifs. Hyliko, assembleur et rétrofitteur francilien créé en 2021, propose une offre clé en main facturée à l'usage. L'entreprise met en avant des porteurs Hyundai XCIENT engagés pour livrer des magasins Lidl et Carrefour en Île-de-France. Selon elle, ces porteurs frigorifiques ont parcouru plusieurs centaines de milliers de kilomètres malgré deux tournées quotidiennes. Hyliko fait état d'un taux de fiabilité de 95 %, d'une absence de bruit et de chauffeurs convaincus. La directrice de Serfim Recyclage abonde : après avoir testé un véhicule dans le cadre d'une stratégie bas carbone, son conducteur, d'abord réticent, aurait finalement souhaité le conserver, saluant la prise en main, le confort et la rapidité de recharge.

Des leviers encore à activer


Les intervenants n'ont pas éludé les conditions de la montée en puissance. Hyliko plaide pour un cadre réglementaire imposant aux donneurs d'ordre une part de véhicules décarbonés dans leurs flottes et pour le maintien des aides. Hyundai reconnaît devoir encore réduire le coût de ses camions, tandis que d'autres acteurs, comme HysetCo, pointent des marges de progression, notamment sur la densité du réseau de stations. L'hydrogène apparaît ainsi moins comme une solution unique que comme une brique parmi d'autres du mix, dont le déploiement à grande échelle reste conditionné à la réglementation, aux financements et à l'avitaillement.

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